samedi 6 décembre 2014

La Saga des Béothuks : Bernard Assiniwi


Note de l’éditeur
Béothuk, Anin, fait le tour de ce qu’il croit être « le monde » : l’île de Terre-Neuve. Ce périple, et sa rencontre avec des Vikings établis au nord de l’île, ouvrent brusquement, pour lui et son peuple, l’espace de la géographie et des civilisations.
Fondateur d’un nouveau clan, Anin est l’ancêtre de tous les personnages dont la geste ici racontée finit par former, jusqu’au terme d’un lent et inexorable génocide, la saga d’une nation aujourd’hui disparue.
Historique, mythologique, épique, ethnographique, ce grand roman sur le peuple béothuk apporte une passionnante contribution à la redécouverte des civilisations indiennes, en même temps qu’il éclaire un épisode particulièrement dramatique de la conquête blanche de l’Amérique.

Mon avis (Lu il y a un bon bout) 
Il m’est difficile, même après avoir terminé cette saga depuis quelques jours, de venir vous en jaser sans que mon cœur chavire et saigne. Et oui à ce point car cette histoire est venu me chercher jusqu’au plus profond de mon être, de mon sang, de mon humanité.
Et j’ai honte aussi de me qualifier d’être humain quand je viens de sortir d’une lecture dans laquelle la sauvagerie, la brutalité et la cruauté chez l’homme n’a pas d’égal. Et cet homme c'est l’homme blanc, fier de sa race et de sa domination au point de tuer et de décimer tout un peuple sans raison sauf celle de se croire supérieur. Et j’en pleure aussi de rage qu’une tribu ayant vécu, pêché, chassé et aussi aimé la terre, la mer, ne demandant qu'à y vivre en paix bien aujourd’hui cette tribu n’existe plus car massacrée et décimée aussi par les maladies apportées par ces hommes venus d’ailleurs.

Ce fait historique, nous le retrace parfaitement ainsi que toute l’histoire de ce peuple premier de l’an mil jusqu’à l’ultime souffle de la dernière descendante des Béothuks, Shawnaditith, morte en 1829.
En de courts chapitres, l’histoire défile d’événements en événements en traversant les siècles aux côtés de ce peuple. On assiste à la naissance de cette nation, on apprend de sa langue, sa culture sa mentalité. On voit défiler au fil des ans, ses aventures, ses espoirs, ses drames, ses difficultés face à l’arrivée de ces étrangers qui la mèneront à sa perte.
L’écriture d’Assiniwi est belle, douloureuse, bouleversante et profonde à la fois. Il fait de cette saga non seulement un fait historique mais un hommage à un peuple beau, des êtres amoureux de la terre, de la nature et de la vie. Un hommage envers une nation qui n’existe plus mais qui doit rester vivante à jamais.

N.B. : Cette saga comprend un lexique de la langue Béothuk et une chronologie très bien documentée de l’histoire de cette première nation. Un «travail» de maître de l’auteur : Bernard Assiniwi

Un petit complément :

Béothuks : Groupe d'autochtones vivant autrefois à Terre-Neuve, mais qui sont aujourd'hui décimés. Ils habitaient sur cette île bien avant les contacts européens et appliquaient de l'ocre rouge sur leurs canots, ce qui pourrait être à l'origine du sobriquet " Peaux-Rouges " employé par l'homme blanc dans l'ensemble de l'Amérique du Nord coloniale. En raison de la colonisation européenne, des altercations et des maladies contres lesquelles ils n'avaient aucune immunité, le dernier des Béothuks est mort à Terre-Neuve en juin 1829. 
Les Béothuks ont été les premiers habitants indigènes de la portion insulaire de Terre-Neuve. Ces chasseurs-cueilleurs de langue algonquine ont occupé à une époque la plus grande partie de l'île.

© 1997 Ralph T. Pastore
Unité d'archéologie et Département d'histoire
Memorial University of Newfoundland
Encyclopédie canadienne en ligne.

La Saga des Béothuks : Bernard Assiniwi 
Arles, Leméac/Actes Sud, 1996

2 commentaires:

GeishaNellie a dit...

Je vais enregistrer cette saga dans mon Pinterest, je crois qu'il est pour moi. En passant, je comprends ta honte et ta tristesse. Le plus grand génocide à été faut sur le continent américain mais ça c'est un tabou ! Certains autochtones vivent encore sans électricité et eau courante dans notre pays, c'est encore plus honteux !

Suzanne a dit...

@ GeishaNellie

Malgré quelques ''ouvertures'' dernièrement, il y a beaucoup de chemin à faire pour en apprendre sur les Premières Nations.

Bonne future lecture gentille dame.