samedi 13 juillet 2019

Dix belles années!


Dix ans de blogue! Dix années d’existence littéraire et de petites tranches de vie. Un cap qui se fait de plus en plus rare surtout depuis les arrivées de Facebook, Instagram, Twitter et compagnie et j’avoue bien humblement que j’en suis fière. 

Mais surtout si ce blogue vit toujours et qu'il a évolué au fil des ans, c’est à vous que je le dois ami.es lecteurs/lectrices, auteurs et autrices.  En effet, ce petit coin livresque est devenu ce qu’il est aujourd’hui; grâce à votre passion communicative et je ne vous en remercierai jamais assez. 

Bien sûr j’ai eu des moments de découragement, de questionnements, comme par exemple : avais-je toujours envie de continuer de partager ma passion et petits bouts de cheminements personnels?! 

Mais suite à ma pause ressourcement par laquelle j’ai pris le temps de faire le vide, de peser les pour et les contre je m’aperçois que oui j’ai encore cette envie de poursuivre cette aventure mais à mon rythme tout simplement. Alors, un livre à la fois, une lecture, une chronique à la fois histoire de nourrir le feu, même petit à petit, qui me brûle encore.

Une fois de plus, merci de votre fidélité au fil de ces dix belles années.
Câlin à chacun/chacune de vous.

jeudi 27 juin 2019

Je reviens doucement...


Dernièrement j'ai lu jusqu'à plus soif et même si je lis encore et encore, j'ai aussi pris beaucoup de notes. Comme je ne suis pas égoïste ;-), je vous prépare quelques chroniques pour vous partager mes belles ''rencontres'' littéraires.
À très, très vite.

jeudi 30 mai 2019

Pause ressourcement


Depuis quelques semaines voire même quelques mois, vous avez sans doute remarqué que je dépose mes chroniques littéraires à un rythme très lent. Non que je souffre d’une écoeurantite aigue mais j’avoue que de me voir à la bourre ainsi, ça me cause bien du stress et étant agoraphobe, moi le stress, il me faut l’éviter le plus possible.

Donc, j’ai décidé de prendre une petite pause ressourcement histoire de me redonner de l’énergie et aussi me permettre de lire et terminer les billets de lectures en attente et ce, à tête reposée.
En attendant, portez-vous bien et profitez des belles journées que nous offre Mère Nature.
À très bientôt.

dimanche 12 mai 2019

L’Empreinte, Alexandria Marzano-Lesnevich

Étudiante en droit à Harvard, Alexandria Marzano-Lesnevich est une farouche opposante à la peine de mort. Jusqu'au jour où son chemin croise celui d'un tueur emprisonné en Louisiane, Rick Langley, dont la confession l'épouvante et ébranle toutes ses convictions. Pour elle, cela ne fait aucun doute : cet homme doit être exécuté. Bouleversée par cette réaction viscérale, Alexandria ne va pas tarder à prendre conscience de son origine en découvrant un lien tout à fait inattendu entre son passé, un secret de famille et cette terrible affaire qui réveille en elle des sentiments enfouis. Elle n'aura alors cesse d'enquêter inlassablement sur les raisons profondes qui ont conduit Langley à commettre ce crime épouvantable.

D’entrée de jeu, je n’ai pas envie de vous jaser trop longuement de ce livre tout simplement parce que croiser un tel talent d’écriture et que l’on en ressente la valeur dès les premières pages, n’est pas fréquent et je veux vous laisser le plaisir de sa découverte. Cependant, je vous préviens, ce livre n’est pas une lecture facile car l’auteure nous mène tout droit au cœur de la bassesse humaine avec ses meurtrissures qui laissent des cicatrices indélébiles.

Bien sûr je pourrais vous parler de ce qui a amené l’auteure à écrire ce livre, vous parler de cet homme dont les gestes horribles ont tout déclenché comme émotions chez elle. Vous dire combien les convictions, les valeurs, les secrets d’avant, enfouis là en dedans depuis tant de temps, ont été bousculés chez l’écrivaine au point où cette histoire à cheval entre enquête journalistique et thriller est devenue sa propre quête.

C’est une histoire dérangeante, glaçante par moments mais c’est aussi une enquête captivante et très solide nous menant vers un récit fort bien maîtrisé et remarquablement bien écrit.
En fait tout dans ce livre a retenu mon intérêt et malgré le propos difficile et marquant de cette histoire, la sensibilité, la résilience, l’honnêteté et l’humilité de l’auteure à nous livrer et nous faire réfléchir également et ce à son rythme, sur la peine de mort, la culpabilité, l’indicible et le pardon,  bien tout ça résulte en un superbe récit.

Avec L’Empreinte Alexandria Marzano-Lesnevich nous démontre non seulement une belle humanité mais aussi un grand talent d’écriture qu’il me tarde déjà de lire à nouveau.


L’Empreinte, Alexandria Marzano-Lesnevich
Sonatine, 2019

vendredi 3 mai 2019

Ton absence m’appartient

« J'étais son unique fille, j'allais devenir son projet. L'expérience devait durer deux ans ; contre toute attente, elle s'est étendue sur quatorze années. Ce qui suit n'est pas un joli conte. C'est une enfance en accéléré, une vie de maniaque. Un quotidien orchestré par un tendre égocentrique qui me laisserait plus démunie que je ne saurais l'avouer. » 

Voilà le désir d’un père qui ne rêvait pour sa fille que d’une vie à l’image de ce que lui désirait au détriment de la propre personnalité de celle-ci.

« Quand on nous a dicté une façon d'être, comment arriver à trouver le vrai de notre identité, quitte à faire le deuil de ce qu'on a toujours été ? » 

Elle l’a vécu difficile ce désir mais heureusement la jeune femme, au fil des années, a appris à devenir elle-même, à forger son propre moi en acceptant et réussissant à mettre de côté les valeurs que son père lui imposait.  Comprendre et admettre que malgré l’amour qu’elle lui portait, c’est son départ et son absence qui lui a permis vraiment d’être à sa propre image; la sienne tout simplement.

J’ai bien aimé ce petit essai surtout parce que l’auteure a évité le larmoiement et le règlement de compte. Bien au contraire, tout au long des 140 pages, le respect est de rigueur.

J’ai aimé le récit de l’auteure mais j’ai aussi apprécié qu’elle nous offre différents points de vue de personnes ayant aussi vécu le suicide d’un être cher, l’abus physique, l’exil ou, tout comme Rose-Aimée, une enfance particulière.  Chacune de ces personnes se livre en toute intimité et apporte autant d’émotions que de réflexions face à la douleur, la colère mais surtout face au courage qu’il faut pour devenir ou redevenir enfin un être à part entière.

Elle montre un tatouage sur son bras : Humaine.
« Tout mon passé, toute ma douleur, tout ce que j’ai vécu… C’est ce qui fait de moi une personne vivante, une humaine. C’est écrit sur ma peau, comme ça, je ne l’oublie jamais. »
p.83

Avec Ton absence m’appartient, l’auteure réussit à nous toucher sans chercher à embellir ou enlaidir les témoignages qu’elle nous décrit, le sien compris. Oui il y a de la tristesse, oui il y a des instants douloureux mais surtout il y a des beaux moments où chacun, chacune se raconte avec humilité et générosité en n'ayant qu’un seul but au bout du compte; survivre.

Voilà, je n’en ajoute pas plus, sauf peut-être de me permettre de vous conseiller de prendre le temps de lire ce petit essai et d’y découvrir à votre tour un beau moment de lecture.

Ton absence m’appartient, Rose-Aimée Automne T. Morin,
Mathilde Corbeil (Illustrations)

Stanké,  2019.



dimanche 28 avril 2019

Dans la neige, Danya Kukafka

Au milieu de l'hiver glacé du Colorado, ce portrait d'une communauté traumatisée est noir, intense, poignant : une révélation !
Dans cette petite ville du Colorado, on adore ou on déteste Lucinda Hayes, mais elle ne laisse personne indifférent. Surtout pas Cameron, qui passe son temps à l'épier, ni Jade, qui la jalouse terriblement. Encore moins Russ, qui enquête sur sa mort brutale. On vient en effet de retrouver le corps de Lucinda dans la neige. Chacun leur tour, Cameron, Jade et Russ évoquent la jeune fille, leurs rapports, leurs secrets. Vite, ce drame tourne à l'obsession : tous trois savent en effet que la vérité peut les sauver ou les détruire.

Sirop que je n’aime pas ressentir ce genre d’émotions suite à une lecture. Me sentir prise entre l’arbre et l’écorce ne m’enchante guère. En fait, ai-je aimé ou pas ce roman? Au début oui, l’intérêt était là. Cette histoire présentée sous forme de roman choral et relatant le point de vue de trois personnages racontant leur version des faits concernant le meurtre de Lucinda, jeune fille autant détestée qu’adulée par son entourage, s’annonçait comme intéressante. Puis, tout comme eux, du moins je le croyais, je ne désirais que découvrir la vérité sur cet assassinat.

Mais non, au lieu de nous en apprendre d’avantage ou du moins de semer quelques brides ici et là, ajoutant à l’intrigue de quoi nous mettre l’eau à la bouche, l’auteure nous décortique en long et en large les relations des trois principaux personnages. D’abord Cameron, amoureux silencieux de Lucinda qui devenait de plus en plus une obsession pour lui.  Puis Jade, la belle Jade, d’une jalousie maladive envers la victime. Elle ne désirait que sa mort alors pas besoin de comprendre que ce qui est arrivé à sa rivale faisait son bonheur. Puis Russ, le fameux policier qui n’enquête pas ou presque…

Finalement après la moitié du livre, je me suis ennuyée dans trop de longueurs et de passages autour de Cameron, Jade et Russ. Cependant, je reconnais que l’auteure a du talent, que ses descriptions concernant le côté psychologique des personnages sont particulièrement réussies, mais je me répète, trop long et au détriment de l’intrigue. C’est malheureux mais l’espoir de découvrir plus de rebondissements et de suspense est resté vain pour laisser place à l’ennui.

En conclusion, j’attendais peut-être trop de ce roman que l’on présente comme étant une révélation dans le genre, je ne sais pas mais ce dont je suis certaine, c’est que tous romans manquant de rythme m’ennuient et pour moi, il en est ainsi pour celui-ci.

Dans la neige, Danya Kukafka
Sonatine, 2019

jeudi 25 avril 2019

La Cueva, Suzanne Aubry

Je lis Suzanne Aubry que depuis ses deux derniers romans : Ma vie est entre tes mains et Je est une autre et j’aime beaucoup sa plume au point que j’ai l'intention de découvrir tous ses écrits. Alors, lorsque j’ai su qu’elle sortait un nouveau roman, je n’ai pas hésité à m’y plonger le nez et dès les premières lignes, j’ai été conquise autant par l’histoire, les lieux, l’époque que par des personnages curieux, mystiques, chaleureux et intrigants.

Mêlant habilement la légende, le suspense et l’aventure l’auteure nous transporte au milieu des années 1800 en plein Far West américain aux côtés d’un François-Xavier Comtois, Québécois d’origine, ayant quitté volontairement pour les États-Unis dans le but d’apporter à sa vie des côtés disons plus passionnés. Avide d’aventure François-Xavier va être servi surtout suite à son arrivée au Nouveau-Mexique et après avoir fait la connaissance d’un journaliste qui va lui raconter de drôles d’histoires concernant un ermite dont le destin tragique va mener notre héros tout droit sur des chemins cahoteux entre la recherche de la vérité et sa propre survie.

L’histoire est bien menée, le rythme soutenu et nous mène en des lieux inhabituels. Tantôt on se retrouve dans un saloon aux côtés de cowboys et filles de joie, tantôt en discussion avec un shérif austère et autoritaire ou encore en route vers une grotte du Nouveau-Mexique. Bref, une époque, des lieux et des personnages, à la fois forts et colorés meublent très bien cet excellent roman aux rebondissements inattendus.

En conclusion, avec La Cueva, Suzanne Aubry nous offre une histoire tout autant surprenante que passionnante et captivante. Sa lecture m’a apporté un très bon moment de lecture et je n’hésite aucunement à vous en conseiller la découverte à votre tour.


La montagne Organ qui abrite La Cueva 
Photo: @ Suzanne Aubry

La Cueva, Suzanne Aubry
Libre Expression, 2019

Autres romans de l'auteure sur le blogue : Ma vie est entre tes mains - Je est une autre