mardi 14 novembre 2017

Nulle part sur la terre, Michael Farris Smith

Une femme marche seule avec une petite fille sur une route de Louisiane. Elle n’a nulle part où aller. Partie sans rien quelques années plus tôt de la ville où elle a grandi, elle revient tout aussi démunie. Elle pense avoir connu le pire. Elle se trompe. 
Russel a lui aussi quitté sa ville natale, onze ans plus tôt. Pour une peine de prison qui vient tout juste d’arriver à son terme. Il retourne chez lui en pensant avoir réglé sa dette. C’est sans compter sur le désir de vengeance de ceux qui l’attendent.
Dans les paysages désolés de la campagne américaine, un meurtre va réunir ces âmes perdues, dont les vies vont bientôt ne plus tenir qu’à un fil. 

Mon avis
Chacun de leurs côtés  Maben et Russel ont connu et traverser les mauvais sorts de la vie. Deux âmes perdues sur qui la malchance et le malheur se sont acharnés.
Il y a Maben qui, après avoir déposé ses affaires ici et là en recherchant un endroit où vivre enfin heureuse, se retrouve une fois de plus déçue et maintenant mère célibataire.  En cours de route vers son point de départ, la ville où elle a grandi, elle va faire une malencontreuse rencontre qui va ajouter à son désespoir.

Puis il y a Russel, libéré après onze années de captivité suite à la mort d’un homme, accident qu’il aurait provoqué bien involontairement, il retourne chez lui.  Mais à peine arrivé l’accueil sera brutal. Non seulement Russel devra apprendre à se pardonner ce malheureux geste mais devra aussi faire face à ceux qui l’attendent depuis de longues années afin d’assouvir leur vengeance et lui faire payer encore plus la mort de celui à qui il a enlevé la vie.

Bref ces deux étrangers vont voir leurs destins se croiser et apprendre à se faire confiance. Même si de leurs passés resurgissent encore et encore les regrets, les peines, leurs déviances respectives, les désespoirs et les rêves qui ne s’accomplissent pas, côte à côte ces deux êtres imparfaits vont tenter de combattre l’adversité qui ne cesse de s’acharner sur eux. Un dur combat à livrer.

L'histoire que nous raconte Michael Farris Smith est bouleversante et il est difficile de rester indifférent face à ce que vivent Maben et Russel. Ce n’est pas un roman à l’eau de rose. C’est un roman où les malchances qu'offrent souvent la vie prennent beaucoup de place. L’atmosphère y est lourde, la colère et les ressentiments tiraillent les personnages mais l’auteur a su parfaitement glisser les bons côtés de ses protagonistes au travers cette sombre ambiance.

J’ai beaucoup aimé Nulle part sur cette terre. L’écriture de Michael Farris Smith, belle et simple à la fois nous mène aux côtés de beaux personnages sur les routes du Mississippi rural entre terres agricoles, maisons délabrées et lacs aux couleurs brunâtres. Cette histoire au fond tragique, désolante, tendre et brutale à la fois offre aussi l’espoir même si celui-ci est semé à petites gouttes. Un roman plus qu’excellent.

Nulle part sur la terre, Michael Farris Smith
Sonatine, 2017

lundi 30 octobre 2017

Du nouveau dans ma PÀL

Les derniers jours de l’émerveillement, Graham Moore
Le Cherche midi, 2017
New York, 1888. Les lampadaires à gaz éclairent les rues de la ville, l’électricité en est à ses balbutiements. Celui qui parviendra à en contrôler la distribution sait déjà qu’il gagnera une fortune considérable et sa place dans l’histoire. Deux hommes s’affrontent pour emporter la mise : Thomas Edison et George Westinghouse. Tous les coups sont permis. Lorsqu’un jeune avocat, Paul Cravath, aidé par le légendaire Nikola Tesla, se mêle à ce combat homérique, il va bientôt se rendre compte qu’autour de lui toutes les apparences sont trompeuses et que chacun a des intentions cachées.


C’est le cœur qui lâche en dernier,  Margaret Atwood
Robert Lafond, 2017
Le nouveau chef-d'oeuvre de Margaret Atwood, l'auteure de La Servante écarlate.
Stan et Charmaine ont été touchés de plein fouet par la crise économique qui consume les États-Unis. Tous deux survivent grâce aux maigres pourboires que gagne Charmaine dans un bar sordide et se voient contraints de loger dans leur voiture... Aussi, lorsqu'ils découvrent à la télévision une publicité pour une ville qui leur promet un toit au-dessus de leurs têtes, ils signent sans réfléchir : ils n'ont plus rien à perdre.

Borealium Tremens, Mathieu Villeneuve
La Peuplade, 2017 
David Gagnon veut rénover la Maison brûlée, dont il hérite à la mort de son grand-oncle, une maison-fantôme comme les autres dans le fond d’un rang de Saint-Christophe-de-la-Traverse. Il veut aussi y cultiver la terre et y terminer son roman, malgré les menaces d’expropriation, les voix qui vibrent, les hallucinations, les racines qui gagnent du terrain, les tiques et l’hiver féroce. Engoncé dans son tombeau de bois pourri, dans l’alcool et dans les archives de sa famille, le jeune écrivain est appelé à accomplir la prophétie sauvage, celle qui avait autrefois animé Auguste et plusieurs autres avant lui, et qui animera ceux qui ne sont pas encore nés.

Les Rois Mongols, Nicole Bélanger
Québec Amérique, 2017
Octobre 1970. Manon, adolescente sensible et délurée, apprend qu’elle et son petit frère qu’elle aime plus que sa propre vie seront placés en familles d’accueil. Jamais Mimi et elle ne seront séparés. Jamais. Elle l’a promis « juré craché ». Devant la menace imminente, Manon choisit le chemin de la rébellion et de la fuite. Inspirée par les événements politiques qui secouent le pays, elle élabore un complot dans le but de kidnapper une vieille femme qui leur servira d’otage et de grand-mère. Avec l’aide de ses deux cousins, elle met vite son plan à exécution.

samedi 21 octobre 2017

Fragments de famille, Mari Mari

«Ayant été la dernière fille, pondue en queue de peloton, c’est quand même avec une queue que j’aurais préféré être conçue. Toute ma vie, j’ai envié le sexe fort […]. C’est tout de même avec deux dents bien plantées dans la mâchoire que je fais ma première sortie publique ce 11 octobre 1952. À ce moment précis, un but du Canadien détourne l’attention générale de la petite chambre où ma mère, épuisée à 45 ans, met au monde son dernier rejeton. De toute évidence, je viens de perdre mon premier concours de popularité.» 

Ça faisait un bout que je n’avais lu ce genre de roman. Une histoire de fratrie racontée par la benjamine dernière-née d’une famille déjà fort nombreuse de 19 membres père et mère inclus. Une famille populeuse comme on en voyait souvent dans ces années où les petits bonheurs de la vie quotidienne côtoyaient trop souvent la misère et la difficulté à joindre les deux bouts surtout avec tant de bouches à nourrir. Croyant pouvoir vivre de meilleurs conditions les Lacasse quittent l’Ontario pour venir s’établir au Québec en pleine ère Duplessis, époque où va naître Léonie.

Donc, de ces années d’avant, de sa naissance en passant par sa petite enfance jusqu’à l’adolescence Léonie va raconter les siens, de leur passage rural à celui de la ville où les plus vieux vont devoir s’adapter à bien des changements et où les plus jeunes vont tenter de trouver leur place et faire face aux conséquences de silences imposés et de non-dits sur des actes indicibles. Finalement, sous les mots de Léonie, sous ses côtés tendres et parfois drôles se cache une douleur profonde qui laisse sans voix.

Fragments de famille est un roman qui se lit d’un seul souffle. Pas question de quitter ce que Léonie raconte avant de connaître le dénouement de l’histoire. De plus, l’écriture est belle, fluide et simple à la fois. L’auteure a su fort bien éviter que l'on se perdre au travers un nombre impressionnant de personnages et d’une partie historique trop longue. Mari Mari a choisi de nous offrir que l’essentiel qui, malgré certains passages qui ébranlent, a atteint le but de capter notre intérêt dès les premiers phrases jusqu’au point final. Un très bon premier roman à lire absolument.

Si vraiment l’ordre et le désordre sont comme deux droites parallèles qui se rejoignent à l’infini, eh bien il y a peut-être de l’espoir pour l’humanité.  p.12

Fragments de famille, Mari Mari
Fides, 2017

dimanche 15 octobre 2017

Maître Glockenspiel, Philippe Meilleur

Despote mégalomane et irascible, Maître Glockenspiel règne d'une main de fer sur un pays sans nom. Sa vie toute de confort et de raffinement devrait le combler, mais pourtant, depuis quelque temps, il est mélancolique - et le malaise qui l'étreint sape aussi son royaume. L'économie bat de l'aile, les aristocrates dégénérés complotent plus que jamais contre lui et le peuple, ingrat et paresseux, végète entre deux combats de lutte politique. C'est bien simple : tout va mal, et même sa magnifique collection de bombes atomiques ne parvient pas à lui remonter le moral. Roman dystopique entre l'absurde et la satire, Maître Glockenspiel transporte le lecteur dans un monde qui pourra lui sembler étrangement familier. Ce serait là un pur hasard.

Quel drôle et bizarre de personnage que ce Glockenspiel qui règne en roi et maître sur un pays où la diplomatie a fait place depuis belle lurette à un état dont les citoyens sont soumis à l’ordre établit par un despote rêvant autant d’arme nucléaire que d’être la victime d’un assassinat. Bizarre mais surtout cruel, sans émotion et machiavélique à souhait. Tout ce qu’il désire c’est de remettre à flot l’économie déficiente de son ''royaume'' en laissant tout ce qui est humain de côté dans le but d’atteindre son objectif.

Un roman où le bonheur n’existe pas malgré quelques brindilles d’espoir avec des êtres comme Tyler, l’Artiste et même Valentina. Heureusement car bien que l’on ressente le ton satirique tout au long du roman par quelques bons passages humoristiques, j’ai perdu plus d’une fois le sourire car malheureusement les travers de Maître Glockenspiel m’ont tapé royalement sur les nerfs.

Pourtant j’aime les personnages marginaux, différents mais lui c’est trop, beaucoup trop. Oui je sais, c’est de la fiction et j’avoue que l’auteur a de l’imagination pour poser ainsi un regard bien particulier sur l’absurdité mais je ne sais pas, je n’ai pas embarquée entièrement dans le récit. Pourquoi? Je ne sais trop mais peut-être que cette histoire d’univers totalitaire dans un futur non nommé qui, en y pensant bien, n’est peut-être pas si loin de nous, ne me fait pas rire aussi absurde qu’il paraît.  Enfin je suis peut-être passée à côté de quelques détails qui auraient fait en sorte que ce billet soit moins confus mais à vous de voir et si le cœur vous en dit; vous me direz.

Maître Glockenspiel, Philippe Meilleur
VLB éditions, 2017

mercredi 4 octobre 2017

Tsunamis, Michel Jean

« Dix ans plus tard, Colombo a changé. Mais la haine reste partout palpable. Elle s'est infiltrée dans l'air, s'est imprégnée jusque dans le béton des murs et l'asphalte des rues sales. »

En décembre 2004, un tsunami frappe le Sri Lanka, un pays déjà déchiré par une guerre civile qui dure depuis vingt ans. Le journaliste Jean-Nicholas Legendre est dépêché sur les lieux alors qu'il a du mal à se sortir de son propre tsunami intérieur.
Chargé de couvrir les conséquences de la catastrophe, il se rend dans le Nord, contrôlé par les Tigres tamouls, qui s'opposent au gouvernement central majoritairement composé de Cinghalais. Les circonstances tragiques auxquelles Jean-Nicholas sera confronté l'amèneront à accepter le drame qui a bouleversé son existence et à se réconcilier avec la vie.

J’aime la plume de Michel Jean depuis ma première lecture de ses mots avec Elle et nous. Depuis, je lis ses écrits et lorsque ce tout dernier roman est arrivé chez moi, je n’ai pas hésité à m’y plonger malgré qu’à ce moment-là, je n’étais pas vraiment d’humeur à lire une histoire qui me parlerait d’événements tragiques. J’avais plutôt le goût de légèreté mais ma curiosité l’a emporté et dès les premières pages, j’ai accroché à l’histoire de Jean-Nicholas, journaliste de métier qui, suite à une tragédie personnelle, a peine à se remettre de celle-ci. Désirant ''changer d’air'' il accepte d’aller couvrir le triste événement du Tsunami de 2004 au Sri Lanka.

En fait, il n’est pas facile de rester indifférent(e) face à cette lecture. Suivre le parcours de Nicholas dans un pays en pleine désolation non seulement touché par la force de la nature mais aussi par une guerre civile qui aura des répercussions autant psychologiques que physiques sur les belligérants mais aussi sur les civils captive autant que ça bouleverse.

Au risque de trop en dire,  je cesse ici les détails sur l’histoire. Cependant, au fil du récit laissez-moi vous dire que, outre Jean-Nicholas, le personnage de cette femme-soldat, Kamala, m’a beaucoup plu. J’ai beaucoup aimé la rencontre entre Kamala et Jean-Nicholas, deux personnages très différents l’un de l’autre mais si semblables au cœur de leurs blessures personnelles.

Avec Tsunamis Michel Jean a réussi le pari de nous offrir un très bon roman malgré une trame de fond pas trop joyeuse. Les sujets abordés sont difficiles mais l’auteur a évité la complaisance et les larmoiements ce qui aurait pu rendre le récit trop lourd.  Bien au contraire, Michel Jean a su fort bien construire cette histoire dans laquelle je ne me suis ennuyée en aucun temps. Au final le résultat est que ce roman captive, émeut par moments et offre également un voyage au cœur d’un pays aux politiques plus que douteuses. Bref, un réel plaisir de lecture.

Tsunamis, Michel Jean
Libre Expression, 2017 


Autres romans de l'auteur sur le blogue:
Elle et nous Le vent en parle encore

dimanche 1 octobre 2017

Du nouveau dans ma PÀL

Je vous dépose quelques autres titres reçus et qui viennent de rejoindre ma PÀL. Un sacré bel automne littéraire m'attend.


Fragments de famille, Mari Mari
Le roman raconte l'histoire de la petite enfance jusqu'à l'âge adulte de Léonie Lacasse, née en 1952 et benjamine d'une famille canadienne-française de 18 enfants. Un peu à la manière d'une adulte réincarnée dans la peau de l'enfant qu'elle était, elle raconte la vie quotidienne de sa famille qui évolue dans un environnement chamboulé par la Révolution tranquille.
Plongée malgré elle dans le vortex familial, elle se débat et tente de donner du sens aux contradictions de la vie, à la religion et ses interdits, aux idées préconçues, ainsi qu'aux tabous liés à la sexualitéFides 

Une histoire des abeilles, Lunde, Maja 
Angleterre, 1852. Père dépassé et époux frustré, William a remisé ses rêves de carrière scientifique. Mais la découverte de l'apiculture réveille son orgueil déchu : décidé à impressionner son unique fils, il se jure de concevoir une ruche révolutionnaire. 
Ohio, 2007. George, apiculteur bourru, ne se remet pas de la nouvelle : son unique fils s'est converti au végétarisme et rêve de devenir écrivain. Qui va donc reprendre les rênes d'une exploitation menacée chaque jour un peu plus par l'inquiétante disparition des abeilles ?
Chine, 2098. L'Effondrement de 2045 a laissé la planète exsangue. Comme tous ses compatriotes, Tao passe ses journées à polliniser les fleurs à la main. Pour son petit garçon, elle rêve de l'avenir réservé à l'infime élite. Seulement, un jour, Wei-Wen tombe dans le coma après s'être aventuré seul dans une forêt… Afin de comprendre ce qui est arrivé à son fils, Tao se plonge aux origines du plus grand désastre de l'humanité. Presses de la Cité

Martin John, Anakana Schofields

Martin John, un délinquant sexuel, a été envoyé à Londres par sa mère pour échapper aux autorités. Depuis, il doit naviguer seul dans cette ville hostile où tout conspire à le faire dévier de la routine implacable et absurde à laquelle il s'est astreint. Le piège semble se refermer sur lui alors qu'un agaçant chambreur, sans doute un espion envoyé par la police, fait irruption dans sa vie.
Comme une partition musicale ou un encéphalogramme, ce roman singulier emprunte les rythmes sinueux de la paranoïa du protagoniste et la rigidité de son esprit obsédé. Finaliste au Giller Prize, Martin John a connu un succès populaire et critique exceptionnel dans le monde anglo-saxon. VLB éditions


Au paradis des manuscrits refusés, Irving Finkel
La Bibliothèque des Refusés est un établissement des plus singuliers : elle recueille plus encore, elle sauvegarde tout texte ayant essuyé refus sur refus de la part des éditeurs. Littérature, poésie, mémoires, récits épistolaires... tous les écrits trouvent leur place sur les étagères de la Bibliothèque des Refusés. 
L'arrivée impromptue d'une insupportable bibliothécaire américaine, l'imposture d'une actrice se faisant passer pour une étudiante dans l'idée de voler des idées pour son prochain film, la menace de cambrioleurs convaincus de trouver là le gros lot, sans compter l'irruption de nombreux aspirants écrivains... autant de mésaventures qui viennent perturber l'ordre tranquille de la Bibliothèque. 10/18


Maître Glockenspiel, Philippe Meilleur
Despote mégalomane et irascible, Maître Glockenspiel règne d'une main de fer sur un pays sans nom. Sa vie toute de confort et de raffinement devrait le combler, mais pourtant, depuis quelque temps, il est mélancolique – et le malaise qui l'étreint sape aussi son royaume. L'économie bat de l'aile, les aristocrates dégénérés complotent plus que jamais contre lui et le peuple, ingrat et paresseux, végète entre deux combats de lutte politique. C'est bien simple : tout va mal, et même sa magnifique collection de bombes atomiques ne parvient pas à lui remonter le moral.
Roman dystopique entre l'absurde et la satire, Maître Glockenspiel transporte le lecteur dans un monde qui pourra lui sembler étrangement familier. Ce serait là un pur hasard. VLB éditions


Poppy et les métaphores, Laurie Frankel
Après quatre garçons, Rosie et Penn, couple aussi atypique que chaleureux, rêvent d'avoir une fille. Rosie, surtout, ne recule devant rien afin d'influencer le sort, mais au fond personne n'est surpris d'apprendre la naissance du petit Claude.
Pourtant, dès son plus jeune âge, le dernier de la tribu se distingue : il préfère les robes aux pantalons, veut pouvoir s'asseoir sur ses cheveux longs et s'identifie plus aux princesses des contes de fées qu'aux princes charmants. 
Dans son corps de garçon, Claude, désormais nommé Poppy, se sent fille.
[...] Commence alors un long chemin pour Poppy et les siens, au cours duquel la vraie nature de chacun va être révélée et parfois mise à rude épreuve.
Toutefois, si chaque changement apporte son lot de difficultés, il produit aussi ses petits miracles... Fleuve éditions


Il était une voix, Marie Gray
Après plus de trente ans d’une carrière durant laquelle elle n’a fait qu’effleurer une certaine gloire, Annie Stone envisage de se retirer du monde du spectacle. Tant de sacrifices et d’années consacrées à la musique, pour aboutir là, chanteuse vedette du Castel, un bar quelconque du Vieux-Montréal!
Un soir, Jade Dupuis, une ambitieuse et jolie jeune femme, se présente sur scène lors d’une soirée spéciale au Castel. Comment ose-t-elle lui voler sa chanson, sa scène et ce qui lui reste de fierté? Le talent et la fougue de la jeune interprète n’ont d’égal que la jalousie et la nostalgie qu’éprouve Annie.
La rockeuse saisit alors une occasion en or, l’ultime tentative de revenir sous les projecteurs: elle s’inscrit aux auditions pour participer à un concours télévisé d’envergure. Sans savoir que Jade caresse la même ambition…Guy Saint-Jean

Nulle part sur la terre, Michael Farris Smith
Une femme marche seule avec une petite fille sur une route de Louisiane. Elle n’a nulle part où aller. Partie sans rien quelques années plus tôt de la ville où elle a grandi, elle revient tout aussi démunie. Elle pense avoir connu le pire. Elle se trompe. 
Russel a lui aussi quitté sa ville natale, onze ans plus tôt. Pour une peine de prison qui vient tout juste d’arriver à son terme. Il retourne chez lui en pensant avoir réglé sa dette. C’est sans compter sur le désir de vengeance de ceux qui l’attendent.  Sonatine
La servante écarlate, Margaret Atwood
"Il nous est interdit de nous trouver en tête à tête avec les Commandants. Notre fonction est la reproduction [...]. Rien en nous ne doit séduire, aucune latitude n’est autorisée pour que fleurissent des désirs secrets."
Dans un futur peut-être proche, dans des lieux qui semblent familiers, l'Ordre a été restauré. L'Etat, avec le soutien de sa milice d'Anges noirs, applique à la lettre les préceptes d'un Evangile revisité. Dans cette société régie par l'oppression, sous couvert de protéger les femmes, la maternité est réservée à la caste des Servantes, tout de rouge vêtues. L'une d'elle raconte son quotidien de douleur, d'angoisse et de soumission. Son seul refuge, ce sont les souvenirs d'une vie révolue, d'un temps où elle était libre, où elle avait encore un nomRobert Lafond

dimanche 24 septembre 2017

Chemin de croix, Hervé Gagnon

Détective privé sans ambition, Patrick Kelly est satisfait de faire tourner sa modeste agence avec des maris volages, de petites fraudes banales, des pères mauvais payeurs... Tant qu'il a sa fille à « garde-partager », ses chansons de blues à écouter, ses guitares à maltraiter et ses whiskies à échantillonner, en gros, la vie est correcte. Tout bascule le jour où Claire Black, une religieuse dans la trentaine, lui confie l'étrange mission de récupérer un vieux crucifix volé ayant servi à invoquer le diable. Le détective se trouve confronté à des satanistes qui entraînent de jeunes fugueuses dans des rites noirs. Parallèlement, les corps écorchés se multiplient dans des églises de Montréal et la police en a plein les bras. De tous les côtés, le passé rattrape Patrick Kelly...

Dès les premières lignes ce Patrick Kelly m’a plu. Bien sûr ce personnage de détective ressemble à d’autres du même type mais ses côtés de père tout simplement gaga de sa fille et grand passionné de musique sont venus me chercher. Puis, malgré que l’on dit de lui qu’il est peu ambitieux, il faut dire que lorsqu’il commence une affaire, il devient  très déterminé à ne pas la lâcher jusqu’à la rendre à terme. Dans Chemin de croix, il va nous le prouver avec une enquête plus que spéciale et comportant son lot de mystères et d’étrangetés. Cette affaire, qui sort de l’ordinaire, nous entraîne au travers un enchaînement d'événements qui font monter l’adrénaline.
L’histoire est efficace car bien menée par la plume de l’auteur qui ne cesse de tendre et d’entremêler les mailles d’un filet duquel Kelly doit se sortir afin de comprendre et d’élucider cette passionnante intrigue.

Voilà un bon roman policier comme j’aime en lire. J’avoue cependant que certaines scènes violentes m’ont irritée mais heureusement, Hervé Gagnon n’a pas insisté sur trop de détails. Par contre Chemin de croix ne comporte aucun temps mort ce qui nous pousse à ne pas lésiner sur certains passages disons difficiles. De plus, l’auteur maîtrise fort bien son récit, si bien que l’on se surprend à jouer au détective en cherchant à solutionner cette enquête au même rythme que Kelly.

Au final, la trame de ce roman est bien construite, stressante par moments et captivante à souhait. Jusqu'à la dernière ligne j’ai eu mon lot de surprises et j’ai été vraiment bluffée par le dénouement final. Bref, un excellent polar que je n’hésite aucunement à vous conseiller.

Chemin de croix, Hervé Gagnon
(une enquête de Patrick Kelly)
Expression noire 2017

Autre roman de l'auteur sur le blogueJoseph