mercredi 29 mars 2017

Carnets noirs, Stephen King


En prenant sa retraite, John Rothstein a plongé dans le désespoir les millions de lecteurs des aventures de Jimmy Gold. Rendu fou de rage par la disparition de son héros favori, Morris Bellamy assassine le vieil écrivain pour s’emparer de sa fortune, mais surtout, de ses précieux carnets de notes. Le bonheur dans le crime ? C’est compter sans les mauvais tours du destin… et la perspicacité du détective Bill Hodges.

Avant de me mettre à la lecture du troisième volet de la trilogie Bill Hodges, je viens vous partager mon ressenti sur Carnets noirs, deuxième partie de cette série. Avant tout, bien que les deux premiers tomes puissent être lus indépendamment, je me permets de vous conseiller de lire tout de même Mr Mercedes histoire de vous mettre dans le bain et de mieux apprécier cette suite.

Bon je ne m’avancerai pas trop dans les détails de ce deuxième volet mais laissez-moi vous dire que Carnets noirs se lit bien, même très bien et dès les premières lignes on entre dans un univers dans lequel le pouvoir de la littérature prend vraiment un côté sombre et King s’en donne à cœur joie. Semblable à l’intrigue de son excellent Misery l’auteur offre une première partie très intéressante qui va parfaitement s’emboîter avec la seconde partie et dans laquelle on va retrouver notre bon Bill Hodges, Holly et Jérome suite aux événements de Mr Mercedes.

Ce deuxième tome est vraiment bien construit, le rythme va bon train et de nouveaux personnages, notamment Morris le psychopathe et le jeune Peter Saubers, ajoutent à l’intrigue qui nous mène tout droit au travers meurtres, obsession et folie.
Je n'ajouterai rien à ce petit billet sauf que Carnets noirs est un très bon thriller jouant autant dans la psychologique que dans le roman noir. Un tome deux qui ouvre la voie vers une finale qu’il me tarde de découvrir dans Fin de ronde.

Carnets noirs (Mr Mercedes tome 2), Stephen King
Albin Michel 2016

Autres romans de l'auteur sur ce blogue:
22/11/63 - Ça - Cycle de La Tour sombre - Dôme - Joyland - La ligne verte - Le bazar des mauvais rêves - Mr Mercedes - Nuit noire, étoiles mortes - Rose Madder - Running man

jeudi 23 mars 2017

Jurée No 9, Claire Cooke


À peine remise de sa dernière enquête, Emma Clarke est aux prises avec un nouveau meurtre. Carmen Lopez, assistante à la galerie d'art ''On aura tout vu!'', est retrouvée sans vie dans son salon. Très vite, l'affaire tourne au triangle amoureux impliquant un illustre avocat et son épouse. Mais alors que tous les indices mènent vers une seule personne et que le procès se met en branle, les doutes refont surface, pointés par une troublante jurée.

Mon avis
D’emblée, j’avoue que j’avais hâte de retrouver cette enquêtrice dont la première affaire criminelle dans Le Cruciverbiste m’avait fait passer de beaux moments et laissez-moi vous dire que cette deuxième rencontre avec Emma m’a vraiment conquise.
Cette fois Emma Clarke, en vacances à Londres, devra écourter celles-ci et reprendre du service afin de résoudre un meurtre dont la majorité des indices désignent l’épouse d’un avocat célèbre comme suspecte principale. De plus, sous les ordres d’un patron par intérim, Emma va devoir travailler avec un nouvel équipier qui ne lui est pas tout à fait inconnu. Au contact de ce nouveau partenaire, Emma devra non seulement résoudre ce crime mais suivre une thérapie afin de combattre certains démons qui la rongent et vaincre cette tension qu’elle éprouve autant au travail que dans sa vie privée.
Bon ici je vais user de parcimonie et ne pas trop détailler de peur d’en dévoiler à l’excès et de gâcher le plaisir de la découverte.
Cependant je me permets d’ajouter qu’au début l’enquête policière n’a rien d’exceptionnelle mais, de fil en aiguille, elle s’impose de plus en plus et dès les premières scènes du procès, l’intrigue captive jusqu’au point final.

Faut dire qu’avec ce second volet des enquêtes d’Emma Clarke, Claire Cooke confirme son talent d’auteure. Elle a su très bien faire en construisant l’intrigue doucement et en déposant une atmosphère mystérieuse sous les traits de la jurée no 9.  De plus, l’auteure en nous présentant une Emma plus vulnérable et en insérant à ses côtés des personnages aux caractères mensongers, manipulateurs et même, pour certains, très sympathiques, elle ajoute une partie psychologique importante sans pour autant nuire au déroulement de l’histoire. Bien au contraire, j’ai trouvé cette façon de faire pertinente autant pendant le déroulement de l’enquête que durant la tenue du procès.

Bref, Claire Cooke réussit un bel équilibre entre les facettes psychologiques et judiciaires et nous mène avec brio entre les pages d’une histoire pas trop compliquée mais captivante à souhait. Finalement, Jurée no 9 est à lire sans modération et, personnellement, j'attends son prochain roman avec impatience.

Jurée No 9, Claire Cooke
Éditions Goélette, 2017

Autre roman de l'auteure sur ce blogue: 
Le Cruciverbiste

lundi 20 mars 2017

Quelques lectures reçues !


Wow de quoi passer un beau printemps littéraire!  
Merci Groupe Librex et Interforum Canada



jeudi 16 mars 2017

Sur un plateau d’argent, Sophie Bérubé


Alors que sa carrière est sur le point de prendre son envol, Catherine Chamberland revoit par hasard son grand amour perdu : l’ex-ministre vedette Max Belfond. Ce dernier lui offre une enveloppe dont le contenu mystérieux lui permettra d’ouvrir toutes les portes de la société et d’accéder à une vie plus facile.
Catherine doit composer à la fois avec ce cadeau, le souvenir de cette passion dévorante et les crises à gérer dans son cabinet de relations publiques, tout en tentant de préserver sa vie de mère et de femme mariée. Y aura-t-il un prix à payer pour avoir voulu profiter du contenu de l’enveloppe ?

Femme de carrière, mariée à Antoine et mère de famille Catherine semble fort bien concilier amour/travail /famille.  Cependant sous ses airs de femme forte, elle cache une grande sensibilité et une fragilité qu’elle a réussi à ne laisser paraître jusqu’à que Max Belfond croise à nouveau sa route; le beau Max, ce grand amour qu’elle n’a jamais oublié. S’installent alors, les doutes, les émotions et les souvenirs qui vont lui chambouler le cœur plus qu’elle ne l’aurait voulu. Mais le retour de Max dans la vie de Catherine n’est pas que l’effet du hasard; celui-ci va lui remettre une enveloppe au contenu quelque peu mystérieux qui va changer la vie de Catherine et ce à plusieurs niveaux.

J'ai eu un peu de difficulté à entrer dans l’histoire. Le rythme lent du début et les souvenirs de la vie amoureuse de Catherine commençaient à m’ennuyer jusqu’à ce que notre héroïne découvre le fameux contenu de l’enveloppe. Mon intérêt pour la suite s’est mis à grandir et je me suis laissée prendre par l’intrigue. Le suspens avançant, mon petit bémol du début est disparu pour faire place à mon envie d’en apprendre autant sur Catherine que sur son entourage immédiat et sur ses relations de travail. Petit à petit, aux côtés de celle-ci, je suis devenue témoin d’un monde mêlant amours, amitiés, politique, manipulations et lobbyistes fort influents. Bref, une histoire à découvrir.

Au bout du compte, je n’ai pas détesté du tout ce roman. L’habilité de l’auteure à bien doser histoire d’amour et suspens politique ont finalement eu raison de mes petites réserves premières. Sophie Bérubé sait très bien raconter, elle manie sa plume avec brio et le résultat est très intéressant. Au bout du compte, je ressors de Sur un plateau d’argent avec le sentiment d’avoir passé un très bon moment de lecture.

Sur un plateau d’argent, Sophie Bérubé
Libre expression 2017 

Merci aux éditions Libre Expression et à Marie-Josée Martel

Autres romans de l’auteure sur ce blogue:
La sorcière du palais Sans antécédents


samedi 11 mars 2017

Nénuphar, Maryse Barbance

Au fil d'une écriture sensible, ponctuée d'évocations, Maryse Barbance nous fait pénétrer dans l'univers de Florence vivant dans l'interminable attente de nouvelles sur sa maladie. « Nénuphar. J'appelle la chose ainsi pour pouvoir vivre avec, et en hommage à Vian », écrit celle-ci. Le mal évoluant, les questions se multiplient : Qu'est-ce qu'une femme? Que signifie grandir? Aimer? Comment composer avec demain quand aujourd'hui se fait si fragile? Pour échapper à ces interrogations lancinantes, Florence emprunte la voie de ses souvenirs.

Mon avis
L’écriture est belle, sensible mais le propos n’est pas facile. La maladie tient place du début à la fin. Les interrogations face à celle-ci, les conséquences et peut-être, aussi… l’inévitable. Une lecture d’où l’on suit les mots de Florence face au mal qui la ronge, face à l’attente d’une solution, d’une fin ou d’une réussite. Écrire est un baume pour Florence, une arme secrète également afin de l’aider à ne pas se laisser aller, afin de lui donner courage.

« J’écris pour ne pas me laisser faire […]. Je ne tiens pas de journal auquel je me sentirais obligée au lieu de pouvoir aller librement. J’écris pour vivre. Je lis aussi pour vivre. »

Au fil des pages l’auteure nous glisse les souvenirs de son héroïne, entre Paris et Montréal, de la naissance de sa fille Clara, en passant par ses amitiés ou aux côtés de celui qu’elle a aimé par-dessus tout, les mots s’enchaînement et on passe d’avant au présent. Entre la peur de voir son corps se détruire petit à petit, entre ses séances chez le médecin, ses inquiétudes face à trop de silences; elle se questionne:

« Aujourd’hui ma liberté est conditionnelle à toutes sortes de matières dont on ne me dit rien ou si peu […] semble-t-on penser que le malade ne comprend pas, au pire qu’il n’y a rien à expliquer ? »

À suivre Florence, ses angoisses et ses interrogations, à parcourir ses mots même si plane au-dessus d’eux constamment les ravages de la maladie, on ne peut qu’admirer le courage de cette femme d’affronter celle-ci avec autant de détermination.

« Les vautours ont repris leur vol […] Mais je reste calme, sachant d’expérience que cela les égare et me permet de me retrouver. Ils n’auront pas mon corps […] ni le dernier mot. Je suis allé trop loin dans mes rêves pour renoncer»

Un sujet difficile que celui de la maladie mais dans Nénuphar, il n’y a pas d’apitoiement ni d'optimisme indécent non plus ; que la force et le désir de vivre malgré tout. Un récit écrit finement à l’encre de l’espoir.

Nénuphar, Maryse Barbance
Fides Éditions, 2016


Merci aux Éditions Fides et à Laurie-Anne Gohier 

dimanche 5 mars 2017

Le fleuve, Sylvie Drapeau

Pour les enfants de la meute, qui ont grandi sur la Côte-Nord, le fleuve est omniprésent ; il forme une toile de fond, un imaginaire, un décor dans lequel camper toutes les aventures, une inépuisable source d'émerveillement. Mais unj pour cette force amie se transforme en monstre, emportant Roch, le grand frère adoré, l'avalant, le brisant, le noyant sous leurs yeux horrifiés. Un drame dont nul ne peut se remettre, surtout pas les parents. En attendant qu'on retrouve le corps, les petits seront dispersés. L'été qui s'annonce, bien qu'initiatique, sera un long chemin de croix. 

Un tout petit bouquin dans lequel l’auteure nous raconte une infime partie de son histoire familiale; un petit bout d’histoire mais d’une grande intensité. Un moment où le drame est entré dans la vie d’une famille pour en blesser ses membres à jamais. Un enfant de la meute n’est plus. Le fils, le frère n’est plus; le fleuve l’a emporté entre ses vagues dans son noir le plus profond. La peine est immense, le vide s’installe, le silence gruge et une enfant de cinq ans raconte...

Triste, émouvant ce minuscule roman mais il n’y a pas que cette douleur entre les lignes de ce récit. Il y a  aussi le désir de vivre qui doit et va reprendre le dessus et tenter d’effacer le tragique d’une telle épreuve. La résilience va prendre place doucement et la meute va se retrouver petit à petit.

Sylvie Drapeau nous offre, en un peu plus de 70 pages, une œuvre puissante où s’entremêlent les souvenirs, le deuil, la douleur, l’espoir et la force d’avancer malgré tout. Ses mots sont justes, simples et beaux. Ils glissent sous nos yeux, sans apitoiement, menant doucement une fillette et les siens, à se reconstruire le cœur doucement. Une plume remarquable, un bijou de roman.

Le fleuve, Sylvie Drapeau
Leméac, 2015

vendredi 3 mars 2017

Stasi Child, David Young


Berlin-Est, hiver 1975. Sa loyauté envers le régime a toujours été totale. Lorsqu’elle est dépêchée près du Mur, pour examiner le corps d’une adolescente abattue par balle, le lieutenant Karin Müller ne pense qu’à remplir son devoir. Au premier abord, tout ressemble à un fait tristement ordinaire : la jeune victime a tenté de fuir vers l’Ouest, dans l’espoir de trouver un avenir meilleur de l’autre côté du Mur. Sauf que les empreintes dans la neige racontent une tout autre histoire. […]Malgré les ordres de ses supérieurs qui cherchent à étouffer l’affaire, la policière persiste et poursuit ses recherches. Mais parfois, rien n’est plus dangereux que de poser des questions. 

Une plongée dans les années du mur de Berlin, en 1975, où l’appel de la liberté amenait des Allemand(e)s de l’Est à franchir cet énorme obstacle au péril de leur vie. C’est ce que croyait la lieutenante Karin Müller concernant la découverte d’un corps sans vie gisant au pied  de ce mur. Mais dès les premiers balbutiements de son enquête Karin et son adjoint Werner Tilsner constatent qu'il y a quelque chose qui ne va pas avec la position du cadavre. De plus, son patron, un officier de la Stasi Klaus Jager, lui ordonne de s’occuper de savoir qui est la jeune victime sans pour autant chercher trop profondément. Mais Karine curieuse, ambitieuse et entêtée va pousser plus loin son investigation en brassant là où elle ne devrait pas ce qui va la mener sur des pistes dangereuses.

Au fil de l’enquête, nous suivons les événements qui ont amené la jeune adolescente à devenir victime de meurtre.  On découvre une maison de correction dans laquelle règnent abus de pouvoir et abus physiques envers les jeunes pensionnaires et où le mari de Karen Müller enseigne. Petit à petit tout se corse, le mari de l’enquêtrice est arrêté, Karen va devoir faire face aux mensonges et menaces autant au travail que dans sa vie personnelle et dépassera ses propres limites.

Une intrigue solide, une galerie de personnages tous très intéressants, des situations nous donnant parfois froid dans le dos, plusieurs rebondissements bref, une histoire passionnante. David Young nous offre un premier roman très réussi. Très bien documenté, il a su fort bien mener son récit à travers fiction et faits historiques d’un Berlin divisé entre un état totalitaire et un état libre.

Vraiment, Stasi Child est un excellent roman policier sans temps morts, au suspense haletant et percutant sous une écriture simple et directe. Bref, une histoire très bien menée par un auteur que je vais suivre avec intérêt.

Stasi Child, David Young
Fleuve Noir, 2016
Merci à Fleuve Éditions et à Laurène Guillemin d'Interforum Canada