mercredi 22 février 2017

Des p'tits nouveaux juste avant le printemps...


Saint-Pétersbourg, novembre 2006. À l'hôtel Volkova, sous les yeux de sa fille, Nadia, l'importateur Richard Rocheleau est honoré pour l'ensemble de sa carrière. Mais cette gloire tardive cache un passé trouble. Installé à la frontière de l'Afghanistan dans les années 1980, le « tsar de Peshawar » s'est retrouvé au cœur de la guerre menée par les moudjahidines contre l'envahisseur soviétique. Des fantômes de cette époque violente n'ont jamais cessé de le hanter, comme le découvrira bientôt Nadia, ce qui ravivera, pour elle aussi, de douloureux souvenirs…
Libre Expression/Expression noire



Au-delà des paroles convenues et des clichés que la société véhicule trop facilement, des femmes et des hommes ont accepté de prendre la parole. [...] Ces prises de parole ont en commun de crier haut et fort que ce qui unit les femmes et les hommes d’ici et d’ailleurs est beaucoup plus fort que ce qui les sépare. À les lire, on réalise qu’il devient possible de rêver d’un avenir différent, meilleur.  Parfois coups de gueule, parfois tendres billets d’amour, les lettres qui composent cet ouvrage sont écrites par des femmes et des hommes engagés, épris d’un Québec inclusif et pluriel. 
Éditions Fides



À San Francisco, la vie bien ordonnée du docteur Eldon Chance est en train de partir à vau-l'eau. À bientôt cinquante ans, le brillant neuropsychiatre récemment divorcé commence à trouver son quotidien ennuyeux. Ce vide est bientôt comblé par la soudaine fascination qu'il éprouve pour une de ses patientes, la très séduisante mais très instable Jaclyn Blackstone. Hélas pour lui, le mari de celle-ci, est d'une jalousie féroce [...] Peu à peu, l'obsession que Chance nourrit pour Jaclyn va l'entraîner dans une histoire autrement plus sombre et complexe que ce qu'il avait imaginé... Sonatine

mardi 21 février 2017

Mon univers, Marc Chagall


[…]Dans une langue vive et un peu rêche, Chagall y raconte sa vie, de sa naissance à Vitebsk en 1887, petite bourgade juive (shtetl) de Biélorussie située au nord-est de Minsk, jusqu’à son retour dans son village natal en 1922, après avoir séjourné dans les grandes capitales de l’époque, Saint-Pétersbourg, Paris et Moscou. 
Émancipé de ses origines modestes pour devenir un artiste accompli — un khudozhnik, en russe —, Chagall livre un texte «brut», qui allie une gravité aux accents lugubres à une verve légèrement débridée. [...] Du récit au souvenir, le célèbre peintre oscille entre le passé et le présent, le plus souvent sans faire de transition, comme s’il s’adressait directement à son lecteur.

Journal d’une vie, de sa vie. Des mots où il parle de là où il est né, de ses parents, de ses choix, de son amour pour la musique, pour l’art, pour les couleurs. Chagall dans son univers de contradictions, de peines, de guerre, de larmes et d’amour. Un être à l’imagination débordante, folle et multiple à la fois dont les toiles nous laissent voir ses doutes face à ce qu’il voit, entend, assume et réfute. Bref, l’homme nous offre humblement et en toute simplicité son univers qu’il raconte et qu’il peint très bien dans des tableaux aux couleurs vives, riches et belles.

J’avoue bien humblement que je ne connaissais pas du tout cet artiste au grand talent. M’intéressant depuis quelques temps seulement au domaine des artistes peintres ce Mon Univers de Chagall m’a permis non seulement de découvrir une partie de la vie d’un grand artiste mais aussi m’initier à ses œuvres que je trouve magnifiques.
En conclusion, ce bel ouvrage n’est pas qu’un simple bouquin mais une belle rencontre avec un sacré artiste au destin plus qu’ordinaire. À lire sans hésitation.

Extraits
Dans la ville de Vitebsk, j’avais vu une grande enseigne au-dessus d’un commerce qui affichait: 
ÉCOLE DE PEINTURE ET DE DESSIN ARTISTIQUE PEN
Alors j’ai pensé : Mon destin est tracé. Je n’ai qu’à entrer ici, à suivre ce cours, et je deviendrai un khudozhnick, un artiste accompli. Je pourrai donc renoncer aux rêves de ma mère qui souhaitais que je sois, un commis, un comptable […] Et c’est ainsi que je trouverai le bonheur. Pages 58-59


 Paris par la fenêtre,1913, Fondation Salomon, New York

Je t’ai peint David, une mandoline a la main, Je t’ai peint en bleu, tu es assis dans ce tableau. Tu reposes en Crimée, à l’étranger.----- prends mon cœur.  p.135  


 David avec la mandoline, 1914, Artgallery.com

Mon univers, Marc Chagall
traduit du yiddish par Chantal Ringuet et Pierre Anctil,
Fides, 2017
Merci aux Éditions Fides et à Laurie-Anne Gohier

Pour les intéressé(e)s : Chagall, couleur et musique, au Musée des beaux-arts de Montréal (1380, rue Sherbrooke Ouest), jusqu'au 11 juin 2017

lundi 20 février 2017

Je est une autre, Suzanne Aubry


« Qui n'a jamais menti par nécessité, pour se protéger soi-même ou pour protéger quelqu'un d'autre ? Qui n'a jamais eu de secrets ou caché une chose inavouable, à tout le moins à ses propres yeux ? Voici l'histoire de ces mensonges, de ces secrets. Je ne vous demande ni votre indulgence, ni votre compassion. Peut-être seulement de lire mon récit jusqu'au bout avant de porter un jugement sur ce qui a fait de moi un personnage de l'ombre, dont l'identité, déjà fragile, s'est peu à peu dissoute dans un tissu de demi-vérités et de vrais mensonges. »

C'est sur ces mots qu’Anaïs, personnage principal, nous invite à la suivre tout au long de son parcours qui va la mener sur des chemins plein d’embûches entre vérités, mensonges, non-dits, abandons, amour et espoir.  Mais ces ennuis qui traversent sa route ne cessent de lui gâcher la vie. Sans emploi, une relation qui lui gruge et le cœur et l’argent, enceinte, elle va accepter, non sans regrets, de devenir auteure fantôme pour le compte de Patricia M, célèbre scénariste/ productrice.

Dès le début, le personnage d’Anaïs m’a plu. Ce qu’elle vit n’est pas facile. Malchanceuse, renfermée sur elle-même, elle s’éloigne et renonce à bien des choses ne souhaitant blesser personne et de ne pas faire de vagues. Elle est désespérée et ne sait pas comment se sortir de tout ça. Alors elle prend le risque de ne plus être qui elle est vraiment; elle va être une autre..

C’est rassurant de se réfugier derrière quelqu’un d’autre. Comme si on échappait à soi-même.

Mais tout semble passer inaperçu jusqu’au jour où elle va se retrouver prise dans un imbroglio lors d’un voyage à Cannes.

Je n’ai pas détesté lire ce dernier ouvrage de l’auteure mais j’avoue que je lui ai préféré de beaucoup Ma vie entre tes mains. Bien sûr on en apprend sur le métier de scénariste, sur celui d’écrivain fantôme et aussi sur ce que peuvent ressentir un(e), auteur(e) en attente d’une réponse positive d’un éditeur suite à l’envoi de son manuscrit. Des détails très intéressants mais malheureusement à la moitié du roman, j’ai deviné facilement la tournure qu’allait prendre la suite de l’histoire.  Mais cette petite déception s’oublie vite car l’écriture de l’auteure est belle et on ressent sa passion pour l’écrit à travers ses mots ce qui fait que malgré quelques bémols, avec Je est une autre, elle nous offre une agréable lecture.

N. B. La couverture est magnifique et est l'oeuvre de la graphiste Clémence Beaudoin

Je est une autre, Suzanne Aubry
Libre expression 2017

Merci aux Éditions Libre expression et à Marie-Josée Martel

Autre roman de l'auteure sur ce blogue: 
Ma vie entre tes mains

jeudi 16 février 2017

La loterie, Miles Hyman


Dans un village de la Nouvelle-Angleterre, chaque année, au mois de juin, on organise la Loterie, un rituel immuable, où il est moins question de ce que l'on gagne que de ce que l'on risque de perdre à jamais.

Et à tous les 27 juin, année après année, chaque habitant de cette petite bourgade d’à peine 300 âmes, des enfants aux personnes âgées, se réunissent dans le centre du village afin de participer à cette loterie. Un événement annuel obligatoire mais certains/ certaines commencent à être moins fébriles face à ce ''tirage'' que d’autres attendent  impatiemment. Mais quelle est cette loterie? Quel est l’enjeu d’un tel rituel?  Que gagne-t-on?

Intrigante cette adaptation d’une nouvelle écrite par Shirley Jackson, grand-mère de Miles Hyman. Intrigante et troublante à la fois car plus on avance dans l’histoire, plus la tension monte en crescendo jusqu’à la finale plus que saisissante et laissez-moi vous dire que les dessins de Hyman sont une réussite totale. Peu de mots accompagnent ceux-ci car l’illustrateur a plutôt choisi de laisser parler son coup de crayon et le résultat est superbe. Un talent incroyable que celui de Hyman. Chaque planche est une peinture en soi et ce qu’on y voit reflète parfaitement l’atmosphère autour des personnages de cette histoire.

En conclusion, je me permets de vous conseiller de lire cette BD. Un objet magnifique dans lequel on retrouve un récit original, intense menant vers une finale percutante croyez-moi.

N.B. Miles Hyman a eu l’excellente idée d’ajouter à la fin de sa BD, l’histoire de cette nouvelle qui, dès sa publication dans Le New Yorker en 1948, a fait scandale aux États-Unis.



Dessins: Miles Hyman

La Loterie, Miles Hyman d'après Shirley Jackson
Casterman,  2016

dimanche 12 février 2017

Jeux de miroirs, E. O. Chirovici


Un agent littéraire, Peter Katz, reçoit un manuscrit intitulé "Jeux de miroirs" qui l'intrigue immédiatement. En effet, l'un des personnages n'est autre que le professeur Wieder, ponte de la psychologie cognitive, brutalement assassiné à la fin des années quatre-vingt et dont le meurtre ne fut jamais élucidé. Se pourrait-il que ce roman contienne des révélations sur cette affaire qui avait tenu en haleine les États-Unis ?  Persuadé d'avoir entre les mains un futur best-seller qui dévoilera enfin la clef de l'intrigue, l'agent tente d'en savoir plus. Mais l'auteur du manuscrit est décédé et le texte inachevé. Qu'à cela ne tienne, Katz embauche un journaliste d'investigation pour écrire la suite du livre. Mais, de souvenirs en faux-semblants, celui-ci va se retrouver pris au piège d'un maelström de fausses pistes. Et si la vérité n'était qu'une histoire parmi d'autres ?

Mon avis
Que voilà un résumé qui m’a mise l’eau à la bouche et dès réception de ce roman,  j’ai décidé de le lire sans qu’il n’ait à passer par ma pile à lire.

Dès le début j’ai été immédiatement prise par la teneur de ce fameux manuscrit reçu par l’agent littéraire Peter Katz et j’ai tourné les pages avec avidité.  Cependant, passé environ le tiers de l’ouvrage, ma fébrilité a commencé à décliner.  Habituellement j’aime bien ce genre d’histoire à plusieurs narrateurs mais dans Jeux de miroirs, j’ai trouvé qu’il y avait trop de ressemblances entre les points de vue de chacun. Pas assez de personnalité propre à chacun en fait et cette façon de faire n’a apporté rien de nouveau au déroulement de l’intrigue et c’est décevant.

Pourtant, la base même de cette histoire semblait prometteuse avec ce fait divers, l’assassinat d’un éminent psychologue dont les travaux sur la manipulation de la mémoire en intéressaient plus d’un, sujet très peu exploité malheureusement ce qui, selon moi, aurait ajouté au suspens. Mais attention, Jeux de miroirs a aussi ses côtés positifs et n’est pas pour autant dénué d’intérêt. Ce roman se lit facilement et contient des rebondissements qui titillent la curiosité.

Finalement, j'ai peut-être eu trop d'attentes envers ce livre qu'on annonçait comme ''le roman événement'' mais malgré tout, malgré quelques déceptions, ce thriller m'a fait passer un agréable moment de lecture.

Jeux de miroirs, E.O. Chirovici
Les Escales, 2017
Merci aux éditions Les Escales et à Interforum Canada

samedi 11 février 2017

Ma PÀL prend du poids!


Libre expression

Alors que sa carrière est sur le point de prendre son envol, Catherine Chamberland revoit par hasard son grand amour perdu : l'ex-ministre vedette Max Belfond. Ce dernier lui offre une enveloppe dont le contenu mystérieux lui permettra d'ouvrir toutes les portes de la société et d'accéder à une vie plus facile. 
Catherine doit composer à la fois avec ce cadeau, le souvenir de cette passion dévorante et les crises à gérer dans son cabinet de relations publiques, tout en tentant de préserver sa vie de mère et de femme mariée.  Y aura-t-il un prix à payer pour avoir voulu profiter du contenu de l'enveloppe ?

Après avoir lu Sans Antécédents et La sorcière du palais de l'auteure,  j'avais hâte de lire à nouveau les mots de Sophie Bérubé.

Éditions Pierre Tyssere

Mai 2018. À l’Anse-aux-Sarcelles, entre Berthier-sur-Mer et Montmagny, le Saint-Laurent pétille de lumière matinale. Sur sa bicyclette, la biologiste Amélie Breton file vers la rive pour commencer sa journée. La découverte qu’elle est sur le point d’y faire va plonger le Québec dans une des pires crises politiques de son histoire…

Ce que j'ai lu de Daniel Lessard jusqu'à présent m'a apporté de bons moments de lecture.

Actes Sud
Un réparateur de chaudières dans une petite ville du New Hampshire abandonne son quotidien misérable et part en Floride avec sa famille, attiré par un nouvel avatar du rêve américain. 
A plusieurs milliers de kilomètres de là, une jeune Haïtienne fuit la violence et la pauvreté de son pays natal pour rejoindre l’Amérique... de ses rêves. 
Les deux destins finiront par se croiser dans cet ample roman sur l’errance et l’injustice dont Marc Chénetier (le traducteur) dit que « l’histoire y est, d’entrée, vue de très haut, à l’aune des temps géologiques et des mouvements climatiques ».

Ah monsieur Banks, il me tarde déjà de découvrir la dérive de ces continents...

lundi 6 février 2017

Le plongeur, Stéphane Larue


Nous sommes à Montréal au début de l’hiver 2002. Le narrateur n’a pas vingt ans. Il aime Clive Barker et Lovecraft, le métal, les comic books et les romans de science-fiction des années soixante et soixante-dix que lui prête son père. Étudiant en graphisme, il dessine depuis toujours et veut devenir bédéiste et illustrateur, comme ses idoles Moebius et Tibor Csernus. Mais depuis des mois, il évite ses amis, ment, s’endette, aspiré dans une spirale qui menace d’engouffrer sa vie entière : c’est un joueur. Il joue aux loteries vidéo et tout son argent y passe, de même que celui qu’il emprunte à sa copine Marie-Lou et à son cousin Malik. L’hiver installé, il se retrouve à bout de ressources, sans appartement. […]

Mon avis
J’ai lu ce roman presque d’une traite tellement sa lecture m’a captivée. Peut-être que ce que raconte le narrateur, son parcours à travers les méandres du jeu compulsif et son boulot de plongeur entre les murs d’une cuisine d’un restaurant m’ont ramenée à mes propres souvenirs. J’ai aussi connu la dépendance du jeu et ses mauvais côtés mais je n’ai pas été plongeuse. Cependant, j’ai tout fait pour m’en sortir avec réussite alors dès les premières lignes de ce roman, l’histoire des déboires du jeune Stéphane et le fait de savoir par quels moyens il réussirait à se sortir de tous ses ennuis si c’était le cas, ont titillé ma curiosité.

Et laissez-moi vous dire que Le plongeur est un sacré bon roman. Partant des problèmes de jeux de notre héros, l’auteur nous mène à travers un monde peu connu : celui de la restauration. Un milieu peuplé de gens de tous milieux pour qui ce dur métier, mal payé, leur apporte à peine de quoi vivre en attendant d’autres avenues pour plusieurs d’entre eux. Pas facile ce boulot; des heures debout à cuisiner, faire la plonge, tout préparer, faire les commandes, servir le client tout ça à une vitesse folle sans prendre de repos ou que quelques minutes histoire d’aller griller une cigarette ou prendre une petite bouchée à la va-vite. Un monde à part, que l’on connait peu mais l’auteur sait parfaitement combler notre ignorance par ses descriptions si précises que l’on sent, à travers notre lecture, les odeurs de fritures mêlées à celles de détergents à vaisselle.

source:imagedunet.com

Mais ce travail où évolue Stéphane ne semble pas vraiment apaiser son obsession pour les machines de vidéo-poker et malgré l’aide de son ami et collègue de travail Bébert et celle de son cousin Malik, notre protagoniste vit au quotidien cette dépendance qui l’envahie de plus en plus.

''J’ai fixé l’écran, comme sur mes gardes. Encore une fois, je l’ai tapé du bout des doigts d’un coup rapide pour que la loterie ralentisse et s’arrête. Mes ongles ont fait un bruit sec sur l’écran. Les symboles ont commencé à se figer dans les cases, un à la fois. Les muscles de mon dos se sont crispés.''


source:radiocanada.ca

Difficile apprentissage pour le jeune homme pourtant passionné de musique, de lecture et surtout de dessin mais Stéphane est prisonnier de ses mensonges, ses magouilles et de ses dettes. Il est partagé entre le désir de se réhabiliter et cet attrait maladif du jeu.

Ce premier roman de Larue est riche en rebondissements et ne laisse aucunement indifférent (e). L’écriture est belle, détaillée et solide à la fois. Rien n’y est flou, tout y est juste même les côtés plus sombres de la vie du personnage principal. Un roman percutant dont l’histoire va me rester en mémoire longtemps.

Le plongeur, Stéphane Larue
Le Quartanier, 2016