dimanche 28 mai 2017

Cet été là, Lee Martin

Tout ce qu'on a su de cette soirée-là, c'est que Katie Mackey, 9 ans, était partie à la bibliothèque pour rendre des livres et qu'elle n'était pas rentrée chez elle. Puis peu à peu cette disparition a bouleversé la vie bien tranquille de cette petite ville de l'Indiana, elle a fait la une des journaux nationaux, la police a mené l'enquête, recueilli des dizaines de témoignages, mais personne n'a jamais su ce qui était arrivé à Kathy. 
Que s'est-il réellement passé cet été-là ? Trente ans après, quelques-uns des protagonistes se souviennent. […]Qui a dit la vérité, qui a menti, et aujourd'hui encore, qui manipule qui ? 

Un excellent roman que ce chassé-croisé entre vérité et mensonge. Une histoire de disparition d’enfant qui n’a jamais vraiment été élucidée pendant trente ans malgré une enquête approfondie. Cependant, après tout ce temps, certains acteurs ayant vécu cet événement vont se remémorer plusieurs détails et mener le lecteur sur ce qui semble s’être réellement passé.  Mais est-ce le  remord, la culpabilité, le regret de n’avoir rien dit ou rien fait qui vont porter ces gens à témoigner de ce qu’ils savent ou croient savoir.
Ce choix de l'auteur d’écrire son roman à plusieurs voix est excellent et même si certains protagonistes semblent jouer au chat et à la souris, suivre les pas qu’ils font aujourd’hui en nous menant sur les mêmes sentiers qu’ils ont marché hier est très intéressant et personnellement j’ai bien aimé. Comme si l’auteur avait tout simplement choisi de laisser le lecteur mener sa propre enquête à travers les indices déposer ici et là au fil des pages.

Bien que dès le début on peut se douter de qui pourrait être le coupable, bang, arrivent d’autres détails, événements semant le doute. Le jeu du qui dit vrai prend de plus en plus de place et on se met à douter  et, par le fait même, on s’interroge, on veut savoir et les pages se tournent et se tournent sur une atmosphère devenant de plus en plus sombre,  triste et tragique.

Cet été là est un roman au rythme lent certes mais son propos nous prend aux tripes et nous tient en haleine jusqu’à la dernière page. Une histoire qui ne laisse pas indifférent et j’avoue que même après avoir fermé le livre, je me demande encore si je dois croire au dénouement final ou est-ce que celui que l’on croit responsable ment encore?!  À vous de voir maintenant et bonne lecture.

Cet été là, Lee Martin
Sonatine, 2017

Merci à Sonatine éditions et à Interforum Canada pour l'envoi.

vendredi 26 mai 2017

Du nouveau à lire!

D'autres belles lectures à venir.

La quête de la fille disparue, Pauline Michel et Mario Pelletier
Fides, 2017
La vie avait tout fait pour les éloigner… Les chances qu’elles se retrouvent étaient bien minces. Et pourtant… 
Au cœur de cette saga familiale, traversant les aléas et les tragédies de l’Histoire, se joue le destin de trois femmes — Alice, Viviane et Luce —, qui se déploiera de ­l’Allemagne nazie jusqu’à l’Ordre du Temple solaire, en passant par le showbiz à Paris et ses pièges pour les bêtes de scène.

 Fugitifs, Christopher Sorrentino
Sonatine, 2017
Romancier new-yorkais, Sandy Mulligan s’est mis au vert dans une petite ville du Nord Michigan pour terminer son nouveau livre.
D’origine indienne, John Salteau est un conteur hors pair dont les histoires et légendes fascinent les habitants de cette même ville.
Kat Danhoff est journaliste à Chicago et aimerait bien voir sa carrière décoller.
Tous trois semblent mener une vie tranquille, c’est du moins ce qu’ils voudraient faire croire à leurs contemporains. Mais pour le romancier, le conteur et la journaliste, raconter des histoires est devenu une seconde nature. Et ce qui se cache derrière leurs fictions est peut-être bien moins lisse que ce qu’ils veulent laisser paraître.

Place aux littératures autochtones, Simon Harel
Mémoire d’encrier, 2017 
 En retournant la terre de mes mains, j'ai trouvé maintes pépites de la littérature des Premières Nations. Révélées au grand jour, elles ont beaucoup de choses à nous apprendre sur la qualité de ce sol québécois, sur sa composition également. C'est toute la fondation symbolique du Québec, aujourd'hui dans une impasse, qu'elles nous invitent à réexaminer. Enfin, un parcours critique des littératures autochtones ! Retour à l'intérieur de nous-mêmes sur les fondations du territoire et des récits d'origine.

 Les égarés, Lori Lansens
Alto, 2017
Cinq jours, quatre randonneurs, trois survivants... Le jour de son dix-huitième anniversaire, Wolf entreprend l'ascension de la montagne surplombant Palm Springs, avec en tête le projet de se jeter dans le vide. En chemin, il rencontre trois femmes, [...] Ces trois âmes brisées lui sauveront la vie chacune à leur manière. Une série de maladresses les précipitera au milieu des bois. Égarés, ils devront faire des sacrifices, surmonter l'angoisse et l'affolement, affronter la faim, le froid, mais aussi les véritables raisons qui ont guidé leurs pas jusqu'au coeur de cette montagne.  

La femme aux cartes postales, Claude Paiement et Jean-Paul Eid
La Pastèque
1957. Rose quitte sa Gaspésie natale en laissant, derrière elle, une lettre sur son oreiller. Elle n’a qu’un rêve en tête: briller sur les scènes des prestigieux cabarets de la métropole. À cette époque, Montréal est un haut lieu de la vie nocturne et l’une des escales obligées des plus grands jazzmen. Les nightclubs brillent de tous leurs feux et la mafia fait des affaires d’or. Mais l’arrivée du rock’n’roll, l’engouement pour la télévision et l’élection du jeune et incorruptible maire Jean Drapeau va sonner le glas de cet âge d’or.
2002. En Gaspésie, un étranger vient d’acquérir une maison abandonnée mise aux enchères; photos aux murs, vieux piano désaccordé et au fond d’un garde robe, un terrible secret de famille…

Assez de bleu dans le ciel, Maggie O’Farrell
Belfond, 2017 
Une maison à des kilomètres de tout.
Autour, rien que l'herbe verte, les trembles aux feuilles chargées de pluie et le ciel changeant du Donegal. Ce refuge, Daniel Sullivan s'apprête à le quitter le temps d'une semaine pour se rendre aux États-Unis, son pays d'origine. C'est l'anniversaire de son père, qu'il n'a pas vu depuis des années.
Dans la voiture qui le conduit à l'aéroport, une voix retentit à la radio : celle d'une femme dont il est sans nouvelles depuis vingt ans, son premier amour.
Les souvenirs se déversent. Replonger dans le passé, comprendre ce qui le pousse à abandonner ceux qu'il aime, Daniel ne pense plus qu'à ça. 

Vaticanum, J.R.Dos Santos
HC Éditions, 2017
Depuis des siècles, trois prophéties annoncent la mort du pape - " l'homme en blanc " - et la chute du Vatican avec elle. Alors que des documents de première importance sont volés dans la cité pontificale, le pape fait appel à Tomás Noroñha pour l'aider à les retrouver. Celui-ci commence son travail d'investigation dans les catacombes de la basilique Saint-Pierre, mais sa mission prend très vite une nouvelle tournure. 

mardi 23 mai 2017

Pivot, Marie-Ève Cotton


Dans l’unité psychiatrique de l’hôpital Sainte-Marie, à Montréal, Hadrien Jalbert, alias Pivot, attend la fin d’un énième enfermement injustifié manigancé par l’organisation secrète qui le persécute depuis des années. Ses compagnons d’infortune, eux, sont bel et bien fous. Il y a Jésus, un jeune Haïtien persuadé d’être le Christ, le Chat de ruelle, clochard sans âge qui converse avec des gnomes invisibles, Jonathan Livingston, interné après avoir voulu s’envoler du pont Jacques Cartier et, surtout, Mary, une Inuite du Nunavi, hantée par les mourants qu’elle entend hurler dans les murs. Pivot, qui doit son surnom à son éloquence, ne trouve par les mots pour la réconforter.

Eh bien, quelle belle découverte que ce premier roman de Marie-Ève Cotton. D’entrée de jeu je ne vous cacherai pas que dès les premières lignes j’ai été fascinée, que dis-je; plutôt hypnotisée par ce beau fou de Pivot, personnage central de ce roman. Pivot et son étrange folie, celle de croire qu’il est persécuté par le Système, obsession de plus en plus présente au fil de l’histoire.

Derrière ce personnage de Pivot, l’auteure nous raconte non seulement la folie mais aussi l’être humain et surtout ce qui a bien pu mener cet homme vers ce trouble psychotique de plus en plus persistant. Au fil de l’histoire, on fait la rencontre des compagnons ''d’enfermement'' qui gravitent autour de Pivot que leurs folies lui semblent bien plus importantes et qui lui font dire que lui il n’est pas fou point à la ligne. Petit à petit on apprend à connaître ses amis dont Jésus, jeune haïtien qui se dit être le Christ en personne.  Puis il y a Jonathan Livingston dont la folie le mène à être dangereux envers lui-même et il y a le clochard, surnommé le chat de ruelle qui ne cesse de parler à ses amis imaginaires.
Finalement, il y a Mary qui entend des voix la suppliant de leur venir en aide! Mary belle Inuit pour qui le cœur de Pivot va battre de plus en plus fort et qui va tenter de l’aider au point de lui faire oublier ses propres divagations. Mais un drame va tout changer et va bouleverser chaque patient de l’unité psychiatrique principalement notre bon Pivot.

Un très bon roman que nous offre cette jeune auteure et elle sait de quoi elle parle car son métier premier est d’être psychiatre. Marie-Ève Cotton écrit bien et a su, de manière intelligente, parfaitement bien doser son récit en témoignant d'une réelle empathie autant envers ses personnages atteints de problèmes mentaux qu’envers ceux qui les soignent et les entourent.

Elle a su éviter les côtés plus cliniques pour s’en tenir aux côtés plus humains et c’est fort réussi.  De plus; même si le sujet dans les faits comprend des moments difficiles et troublants, l’auteure n’a pas hésité à déposer des parcelles d’humour ce qui fait que son roman vient nous chercher sans jamais être déprimant.  Il faut dire que la très grande authenticité de ses personnages ainsi que le naturel de leurs échanges y sont pour beaucoup et tout ça, mit bout à bout, a contribué à me faire vraiment aimer ce roman et je souhaite sincèrement relire à nouveau la plume de cette auteure de talent.

Pivot, Marie-Ève Cotton
VLB éditions, 2017


Merci à VLB éditeur et à Véronique Déry pour l'envoi

mardi 16 mai 2017

Pour faire le portrait d’un poète...


Avec ce collectif, Normand Baillargeon donne la parole à des passionnés qui se sont reconnus dans ce poète éloquent, ce dramaturge engagé, ce scénariste nuancé, ce collagiste éclaté, bref en cet artiste multidisciplinaire qui ne s’est laissé arrêter par aucune barrière ni aucune norme.

J’ai toujours aimé lire les mots de Prévert tout simplement parce qu’au fil de ses écrits on sent la beauté et la bonté de cœur de ce grand poète.  Chaque écrit est un hymne à la vie, à ce monde, cette terre, cette nature qu’il a toujours aimés, qu’il a toujours défendus à sa façon. Et les mots de Prévert me touchent, m’émeuvent et me bouleversent car lire Prévert, c’est de l’émotion à chaque vers mais surtout c’est du bonheur à l’état pur.
Dans Pour faire le portrait d’un poète (Hommage du Québec à Prévert) sous la direction de Normand Baillargeon, des amoureux et amoureuses de ce magicien des mots nous offrent, soit en quelques lignes, soit en dessins, illustrations ou collages, pas seulement leur propre petit portrait du poète mais aussi leur hommage bien personnel à cet auteur, grand taquin des mots qui les a inspiré, chacun/chacune, à sa manière.
Un très beau portrait/hommage rempli de douceur et d’amour pour ce passionné, passionnant et immortel Prévert.

C’est pas seulement ma voix qui chante, c’est d’autres voix, une foule de voix . 
Jacques Prévert, Cri du cœur

 Petits extraits

La poésie de Prévert est à toute épreuve : elle résiste aux chocs, à la foudre, à l’analyse et aux modes. […] Prévert t’apostrophe comme un vieux copain, d’un bord à l’autre de la rue, parce qu’il en a une bonne à te conter. Parfois, tu ris. Parfois, tu pleures, Parfois, tu rages. Mais toujours tu te rappelles pourquoi il est ton copain.  Christian Vézina -P.29

Et toute la vie tu vas garder la musique de Prévert. Sa tendresse pour ce qui est simple, pur et perdu.  Kateri Lemmens- P.124

Pour faire le portrait d’un poète
(Hommage du Québec à Prévert)
Collectif sous la direction de Normand Baillargeon
Québec Amérique, 2017

Avec les mots de...
Normand Baillargeon - Éric Cornellier - François Gravel - Simon Jodoin - Paul Lefebvre - Kateri Lemmens - Yves Lever - Yann Perreau - Rodney Saint-Éloi - Michel Saint-Germain - Chantal Santerre - Claude Vaillancourt - Stéphane Venne - Christian Vézina

Avec les toiles, collages et dessins de...
Annie Claudine - Véronique Borboën - Stéphane Delaprée - Virginie Egger - Éric Godin - Normand Hamel - Sylvie Léonard - Lousnak - Caroline Mathieu Banville - Johanne Picard

Merci aux éditions Québec Amérique

vendredi 12 mai 2017

Au grand soleil cachez vos filles, Abla Farhoud



Les Abdelnour ont passé près de quinze ans au Québec avant que le père ne les force à rentrer au pays natal, le Liban. Après quelques mois d'émerveillement devant le paysage lumineux de la côte, il leur faut bien s'installer dans leur nouvelle vie, apprendre les codes culturels, s'inventer un avenir. Pour la jeune Ikram, profondément attachée à l'indépendance et à la liberté dont elle jouissait en Amérique, l'épreuve est particulièrement ardue. Dans la chaleur entêtante et sous le regard oppressant des hommes, comment rester fidèle à ses ambitions? Comment exercer son métier de comédienne dans un monde ou « actrice » est synonyme de « putain »? Au Grand Soleil, comment s'épanouir sans se brûler?

Je viens de terminer ce très beau roman et je ne sais absolument pas ce que je vais en dire, tout simplement parce que j’ai peur de ne pas lui rendre justice à sa juste valeur.

C’est ma première lecture des mots de Abla Farhoud et laissez-moi vous dire que cette auteure a une plume superbe et maîtrise parfaitement bien le propos de son roman que dès les premières lignes on ressent aisément les émotions des personnages comme si on était là à leurs côtés.

Et parlons-en des personnages de ce roman choral. Ces membres d’une même famille qui, immigrés au Canada, retournent dans leur pays d’origine; le Liban afin d’y rejoindre le reste de la famille déjà revenue au pays depuis quelques années. À tour de rôle, Faïzah, Adib et Ikram nous racontent leur retour en ce lieu natal, leurs joies bien sûr de revoir leur famille mais aussi leurs peines et déceptions face à ce pays qui n’est plus vraiment le leur. Un vrai choc culturel et l’adaptation est plus que difficile principalement pour les filles de la famille Faïzah et Ikram, bien qu’Adid le frère mystérieux et solitaire, connaîtra lui aussi le dépaysement total.

Au fil des pages on suit les pas de ces trois personnages mais d’autres protagonistes sont tout autant intéressants notamment l’oncle Youssef qui dépose de temps à autre ses impressions vis-à-vis les membres de la famille Abdelnour. Petit à petit, on en apprend plus sur Faïzah, Adib et Ikram mais également sur la vie au Liban des années soixante, sur les us et coutumes de ce pays du Moyen Orient.

Au grand soleil cachez vos filles est un excellent roman dont l’histoire est bouleversante et par laquelle on découvre une famille d’immigrants dont certains membres vont devoir réapprendre leur pays d’origine en tentant de donner un sens à leur nouvelle vie.

Bref, un roman écrit avec sensibilité par une auteure qui sait parfaitement bien dépeindre  toutes les émotions et sentiments que vivent ses personnages tout au long de leur parcours respectif. Une histoire d’immigration, de retour aux origines mais par-dessus tout un récit où la femme dans un Liban trop borné n’a aucun droit à l’émancipation. Émouvant.

Au grand soleil cachez vos filles, Abla Farhoud
VLB Éditeur, 2017

Merci à VLB éditeur et à Marie-Josée Martel pour l'envoi.

mardi 9 mai 2017

Des p'tits nouveaux...


Pivot, Marie- Ève Cotton
Éditions VLB
Dans l'unité psychiatrique de l'hôpital Sainte-Marie, à Montréal, Hadrien Jalbert, alias Pivot, attend la fin d'un énième enfermement injustifié manigancé par l'organisation secrète qui le persécute depuis des années. Ses compagnons d'infortune, eux, sont bel et bien fous. Il y a Jésus, un jeune Haïtien persuadé d'être le Christ, le Chat de ruelle, clochard sans âge qui converse avec des gnomes invisibles, Jonathan Livingston, interné après avoir voulu s'envoler du pont Jacques-Cartier et, surtout, Mary, une Inuite du Nunavik hantée par les mourants qu'elle entend hurler dans les murs. 

L'autre Jeanne, Marie Laroque
Éditions VLB
Montréal, 1988. Jeanne Fournier sort de centre d'accueil et rêve d'écriture et d'évasion. Sur un coup de tête, elle envoie un manuscrit autobiographique à une maison d'édition et s'enfuit en Europe, seule et sans bagage.[...]
Dans ce roman qui mêle le journal de voyage à un récit familial lucide et touchant, Marie Larocque nous entraîne à la rencontre d'une galerie de personnages étranges et attachants, parfois cruels, mais toujours humains et furieusement romanesques.

La mémoire du temps, Mylène Gilbert Dumas
Éditions VLB
Virginie Constantineau mène une existence d'écrivaine solitaire au fin fond des Cantons-de-l'Est. Au hasard d'une transaction avec un bouquiniste, elle se voit confier un étrange papyrus. Elle découvre vite que ce texte ancien traîne la mort dans son sillage.
Curieuse, puis fascinée, la romancière quitte sa vie rangée pour remonter la piste de Nicolas Gustave, défunt professeur d'histoire du christianisme suspendu par son université dans les années 1980 pour ses thèses audacieuses, à la limite de l'hérésie. [...]


La femme de Berlin, Pauline Vincent
Éditions À Lire
Si la comtesse Claire von Ems - née Grenier - a fui l'Allemagne nazie au printemps 1939 avec sa fille Lydia pour revenir au Québec, ce n'était pas tant en raison de l'imminence de la guerre que pour préserver l'honneur de sa famille : Lydia, enceinte, n'a jamais voulu dévoiler le nom du père de l'enfant!
Or, à Montréal, où est né le petit Pierre peu après le début de la Deuxième Guerre mondiale, les deux femmes, en raison de leur citoyenneté, sont arrêtées par la Gendarmerie Royale et brutalement interrogées : Hanz von Ems, le mari de Claire, n'est-il pas un homme important en Allemagne, et Karl, le frère de Lydia, un soldat du IIIe Reich?[...]

L'Imprévu,  Christopher A. Bohjalian
Le Cherche-Midi
Avec ce roman passionnant, Chris Bohjalian montre comment une vie apparemment sous contrôle peut basculer d'un seul coup. [...] ''L'imprévu vous cloue à votre fauteuil et vous mène d'un seul tait à la dernière page''.

Helle, it's me, une vie d'Adèle, Véronique Chalmet 
Éditons :Hors Collection
 Artiste hors norme qui, à 27 ans, a vendu 100 millions de disques et a remporté 10 Grammy Awards. Adele est un phénomène unique en son genre.
Partie de rien, de nulle part, elle semble toujours la première à s'émerveiller de cette réussite à l'échelle planétaire. Elle le clame dans ses interviews mais la réalité est bien plus complexe. La star n'a rien d'une poupée fabriquée par le show-biz.

Le refuge des souvenirs, Mary Marcus
Presses de la Cité
Au cours de l'été brûlant de 1963, la ségrégation fait rage dans la petite ville de Murpheysfield. Mary Jacob, douze ans, mal aimée par sa famille, trouve refuge auprès de Lavina, la cuisinière noire, qu'elle considère comme sa mère. Mais, lors d'incidents raciaux, la domestique est tuée. Mary Jacob, choquée, oubliera tout de cette période de sa vie. Des décennies plus tard, apprenant que son père est mourant, Mary Jacob retourne dans sa Louisiane natale. 

jeudi 4 mai 2017

Le châtiment de Clara, Sergine Desjardins

À 28 ans, Clara de Longueville est une femme comblée qui partage son temps entre son fils et son mari, un chirurgien estimé, et les salonnières qu'elle fréquente par esprit d'indépendance autant que par soif d'apprendre. Mais le 8 août 1688, sa vie bascule. Clara subit les horribles outrages d'un collègue de son mari. Peur, honte, amnésie, angoisses et problèmes sexuels hantent désormais chaque instant de sa vie. Victime, elle est pourtant considérée comme coupable. Un cortège de juges la condamne, voyant dans la grossesse qui résulte du viol une preuve de plus pour la faire enfermer dans l'établissement le plus sordide de Paris: La Salpêtrière. Personne ne la croit innocente, à part ses grands-parents et le greffier Alexis Mondor. […]

J’aime bien lire les romans à saveur historique, particulièrement en cette période du 17E siècle, époque où il était dur et difficile d’être une femme, où la parole féminine n’avait aucune valeur. Par-dessus tout cette période était très sombre et l’obscurantisme était sans contredit de mise particulièrement en ce qui avait trait à la justice. Et dans Le Châtiment de Clara, l’auteure nous le démontre parfaitement par l’histoire de Clara de Longueville qui sera victime de viol et qui devra se battre, se débattre puis vouloir tout laisser tomber devant les conventions de l’époque. Mais Clara de Longueville, au plus profond d’elle-même étant une féministe avant l’heure et appuyée par des gens de cœur, aura la détermination et le courage de braver tous les postulats et connivences de ces lois érigées par les hommes de pouvoir et de religion.

Le Châtiment de Clara est une fiction oui mais l’auteure a fait un travail de moine afin de relater plusieurs faits se rapportant aux aspects juridiques du 17E siècle, concernant particulièrement le viol et comment les femmes victimes d’un tel acte étaient immédiatement coupables et traitées de personnes immorales et indignes.

Le propos de ce roman bouleverse et ne peut laisser indifférent. En tant que femme ce qu’a subit le personnage de Clara m’a révoltée. Traitée comme une moins que rien, sans droit de parole, d’opinion et de justice ce qu'a vécu cette femme est atroce.  Car non seulement elle a subit le viol mais bien d'autres outrages également tout comme toutes celles qui doivent se taire, subir et endurer car aux yeux de l’homme elles ne sont que de simples objets. C’est révoltant et j’ai passé par plusieurs gammes d’émotions durant cette lecture. Mon cœur s’est serré à quelques reprises tellement certains faits sont venus me chercher.

Sergine Desjardins écrit bien et sait parfaitement glisser ses mots à la bonne place afin qu’ils atteignent le but désiré comme celui de nous faire réfléchir sur ce qu’était la condition féminine il y a quelques siècles autant à Paris qu’en Nouvelle-France et, qu'au bout du compte, sur plusieurs points comme la culture du viol par exemple, certaines mentalités et religions ont encore bien du chemin à parcourir. À lire vraiment.

Le châtiment de Clara, Sergine Desjardins
Éditions : Guy St-Jean, 2017
Merci aux Éditions Guy Saint-Jean pour l'envoi.

Autre roman de l'auteure sur ce blogue: 
Marie Major