lundi 22 août 2016

Vi, Kim Thuy


 ''Mon prénom, Bào Vi, illustrait l'intention de mes parents de « protéger la plus petite ». Si l'on traduit littéralement, je suis « Précieuse minuscule microscopique ». Comme dans la plupart des cas au Vietnam, je n'ai pas su être à l'image de mon nom. Souvent, les filles qui s'appellent « Blanche » ou « Neige » ont le teint très foncé, et les garçons nommés « Puissance » ou « Fort » craignent les grandes épreuves. 
Quant à moi, je grandissais sans cesse, dépassant de loin la moyenne et, du même élan, me projetant en dehors des normes.''

Mon avis
Lire Kim Thuy est un réel plaisir. Peu importe le propos, qu’il soit fait de moments tristes, graves ou plus joyeux, ses mots nous entraînent doucement, sans nous heurter, comme ça tout simplement. Et dans Vi, sa plume belle, tout en délicatesse, nous berce à travers l’avant et le présent d’une famille ayant fui le Vietnam pour finalement venir d’établir au Québec.

Au tout début de ma lecture, j’ai ressenti un sentiment de déjà lu comme si j’avais déjà parcouru histoire semblable dans le premier écrit de l’auteure : Ru.  Pareil à ce premier récit, on retrouve dans Vi, le personnage d’une petite fille fuyant un pays en guerre, puis séjour dans un camp de réfugiés,  traversée dans un Boat people et arrivée au Canada. Mais ce sentiment et comparaisons s’arrêtent là finalement car l’histoire est vraiment plus axée sur le personnage de Vi, son apprentissage à travers une nouvelle culture, ses relations avec sa famille, ses ami(e)s, ses collègues, ses amours et au fil de nombreux voyages. Un roman plus personnel d’une jeune dame à la recherche de sa propre identité  à travers des cultures et mondes différents.

Vi est un excellent récit construit avec finesse autour d’un personnage central qui, au fil des pages, nous raconte ses propres attentes face à ses origines et sa nouvelle vie. Un très beau roman dont chaque petit chapitre nous offre son lot d’émotions à travers de durs moments et des instants de mélancolie mais vite effacés par la beauté, la résilience et l’espoir qui se dégagent de l’écriture apaisante et touchante de l’auteure.  Bref; malgré une fin hâtive, Vi est un excellent roman qui se lit fort bien et offre un très agréable moment de lecture.

Vi, Kim Thuy
Libre expression, 2016  
                                  Merci aux Éditions Libre Expression et à Marie-Josée Martel du Groupe Librex

Autre roman de l'auteure sur ce blogue: Ru

samedi 20 août 2016

Je rapporte de la bibliothèque:


 Une île de rêves, Dominique Blondeau

Résumé

Après le naufrage d’un bateau de plaisance au milieu du Pacifique, trois survivants s’échouent sur une île déserte. Nicolas, Colleen et Sophie s’organiseront pour survivre dans ce lieu à la fois redoutable et salvateur. Peu à peu hantés par leur vie d’autrefois, ils ne savent plus s’ils l’ont vécue ou rêvée. L’île elle-même s’impose comme une entité qui menace leur raison : la chaleur, la végétation étouffante, les cris des oiseaux marins et le vacarme constant de l’océan les isolent et les plongent dans un magma destructeur contre lequel ils luttent pour ne pas devenir fous. Avec ce roman au style lancinant, Dominique Blondeau nous fait pénétrer dans un univers insolite d’eau et de terre où, à travers trois êtres déchirés, la vie et la mort se côtoient dans un combat implacable et singulier.
Édition VLB, 2014

 Insaisissable,Jennifer Dubois

 Résumé
Une étudiante américaine en échange universitaire à Buenos Aires voit sa vie basculer quand elle est accusée du meurtre de sa colocataire.
Lorsque Lily arrive en Argentine pour un semestre d'études, elle est enthousiasmée : l'architecture colorée, la nourriture, son mystérieux voisin... tout la libère de l'atmosphère étouffante qui règne dans sa famille, endeuillée par la mort, avant sa naissance, d'une soeur aînée. Sa colocataire, Katy, est assez niaise, mais elle n'est pas venue pour se faire des amis américains, de toute façon.
Cinq semaines plus tard, Katy est retrouvée brutalement assassinée dans la maison de leur famille d'accueil. Lily est la première suspecte, et tous les regards se tournent vers elle. Qui est vraiment cette jeune femme de vingt et un ans ?
Amorale, provocante, instable, pourrait-elle être une meurtrière ? Ou est-elle simplement immature, un peu égocentrique, piégée par un système légal que, dans sa naïveté, elle ne prend pas assez au sérieux
[...] Un roman au suspense psychologique intense, d'une rare finesse d'observation.

Éditeur : Robert Laffond, 2016

Ce qu’il faut de terre à l’homme, Martin Veyron 

Résumé
Ce qu'il faut de terre à l'homme est le nouvel album de Martin Veyron : une fable au thème universel et intemporel : la cupidité des hommes.
Sur son lopin de terre de Sibérie, le paysan Pacôme vit avec sa femme et son fils. Il n'est pas riche mais il subvient aux besoins de sa famille. Cependant, Pacôme se sent à l'étroit. « Si seulement j'avais plus de terres, soupire-t-il en regardant par-delà la clôture, je pourrais être tout à fait heureux. » Un appétit, tant pour les terres que pour ce qu'elles rapportent, qui va aller grandissant... D'après une nouvelle de Léon Tolstoï.

Éditions: Dargaud

mercredi 17 août 2016

Pas de liste mais bien des tentations.


Une rentrée littéraire très, très intéressante. J’ai commencé à faire le tour de plusieurs maisons d’édition et laissez-moi vous dire que cette rentrée s’avère très riche en nouveautés. Pour l’heure, il y en a tant qui m’intéresse que d'en faire une liste exhaustive serait un travail de titan. Puis, par crainte d’en oublier, je préfère m’abstenir. Cependant, ce dont je suis certaine, c’est du poids énorme que va prendre ma pile à lire.
Alors bonne rentrée littéraire à vous mes ami(e)s lecteurs et lectrices.

mardi 16 août 2016

Luke et Jon de Robert Williams


Résumé
Duerdale, bourgade paumée dans la campagne anglaise. Luke, treize ans, petit génie de la peinture, les yeux vert émeraude, vient de perdre sa mère et emménage avec son père dans une bâtisse à demi en ruine située dans les collines. Tiraillé entre sa peine et le chagrin de son père qui ne jure plus que par le whisky, Luke se lie d'amitié avec Jon, un véritable ovni au look désuet doté d'une mémoire extraordinaire, et souffre-douleur de l'école. Commence alors pour les deux adolescents blessés par la vie un nouveau chemin vers la guérison et le bonheur.

Mon avis
Jolie histoire d’amitié, entre deux jeunes garçons totalement à l’opposé l’un de l’autre. Il y a Luke qui vient de perdre sa mère tuée dans un accident de la route et qui voit son père s’enliser et noyer sa peine whisky après whisky en négligeant boulot et paiements de traites ce qui leur vaudra de devoir quitter leur coin de pays pour se retrouver finalement dans une ville complètement étrangère à vivre dans un taudis. Puis Jon, maigrelet jeune garçon, amoureux des mots, malheureux chez lui comme à l’école où il subit, jour après jour, l’intimidation d’élèves malveillants. Ces deux adolescents vont voir leur route se croiser et, petit à petit, une forte amitié va les unir.

C’est un beau roman que nous offre cet auteur. Le style de Robert Williams est agréable à lire, les révoltes, peines, ressentiments et espoir vécus par les protagonistes principaux sont bien décrits et j’ai ressenti émotions semblables tout au long de ma lecture.  Je me suis attachée aux jeunes garçons mais j’avoue que le personnage de Jon avec son amour des livres par lequel il oublie ses conditions de misères et de brutalités m’a le plus émue.

Parallèlement au cheminement des deux jeunes adolescents, l’auteur nous offre le combat pas toujours facile du père de Luke à vouloir se sortir de son marasme ainsi que le parcours des autres personnages secondaires mais non moins importants.

Malgré des thèmes comme la maladie, la mort, l’alcoolisme et l’intimidation, ce roman n’est aucunement larmoyant.  Cette histoire comprend aussi son lot de petits moments de tendresse et de grandes joies notamment l’espoir de reprendre goût à la vie. Fort bien que ce Luke et Jon et, malgré ses instants de silence et de souffrance, c'est un réel plaisir de lecture.

Luke et Jon de Robert Williams
10/18, 2015

 Merci aux Éditions 10/18 et à Martine Côté pour l'envoi.

jeudi 11 août 2016

Le choix des Morrison, Mary Lawson

Résumé :
Récit dramatique illuminé par de subtiles notes d’humour et de tendresse, Le Choix des Morrison interroge l’incidence du poids des origines sur le destin individuel. Un formidable hymne à l’amour et au courage.

Mon avis
Suite à la mort tragique de leurs parents, les enfants Morrison afin de ne pas être séparés, vont choisir de prendre soin l’un de l’autre. Luke, l’ainé, va abandonner son rêve d’études afin de s’occuper de son petit frère Matt et de ses deux sœurs Kate et Bo. Quatre orphelins qui, au fil des ans, vont vivre autant de bons que de mauvais moments entre déceptions, petits et grands bonheurs, mésententes, incompréhension, retrouvailles, secrets et non-dit. Une vie familiale bousculée mais dont les membres vont tenter de tenir bon chacun à leur façon. Certains vont réussir d’autres vont décevoir. Certains vont quitter pour ne revenir que des années plus tard avec l’espoir de se retrouver ou de retrouver ce qui a été perdu.

J’ai été agréablement surprise par cette lecture et l’atmosphère familiale tantôt belle et unie, tantôt quasi étouffante par certaines décisions et conflits non réglés m’ont fait réfléchir autant qu’ils m’ont bouleversée.

À travers les yeux de Kate, entre passé et présent au fil de ses souvenirs, on découvre le quotidien difficile qu’on eut à gérer les Morrison suite au drame qui les a affligés. Entre cette tragédie qui les a soudés, les erreurs commises, les espoirs comblés, les doutes, déceptions et abandons on découvre une solidarité inébranlable qui fascine.

Une belle histoire que celle des Morrison bien imaginée par une auteure à l’écriture fluide malgré des passages au caractère bouleversant. J’ai aimé les personnages auxquels je me suis attachée même Kate avec ses petits côtés froids et indépendants mais qui a le cœur grand comme ça. Et que dire du talent de l’auteure à nous décrire ce petit village, ses habitants, son rude climat et ses paysages!! Vraiment on s’y croirait.
Bref ce roman qui parle de liens familiaux, de fraternité face aux épreuves de la vie, de courage, d’amour et de pardon est une fort jolie découverte et un très bon moment de lecture. À lire.

Le choix des Morrison, Mary Lawson
Éditeur : 10-18 (2016)

Merci aux Éditions 10/18 et à Martine Côté pour l'envoi.

mardi 9 août 2016

Album Anne Hébert, Bernard Chassé et Nathalie Watteyn


Mon avis 
Cet album est rempli de très jolies photos, de documents d’archives comprenant des extraits de textes d’Anne Hébert et de beaux passages tirés des carnets d’écriture dans lesquels l’écrivaine nous raconte sa jeunesse au Québec et ses années de vie parisienne. Mais par-dessus tout on retrouve parmi les écrits de dame Hébert son amour inconditionnel des mots et de la langue française.

Ce livre est agréable à parcourir et c’est un très bel hommage envers une grande auteure québécoise. Une belle réussite et je lève mon chapeau à Nathalie Watteyne et Bernard Chassé qui, à chaque page de leur ouvrage ont su non seulement nous offrir des moments plus intimes de la vie de Anne Hébert mais aussi, à travers leur propre passion, l’envie de lire, un à un, les écrits de cette grande dame de lettre pour qui écrire était tout au détriment même de sa vie familiale et personnelle. Un fort joli album à découvrir.

 « Écrire. Cette douleur, cette joie qui est ma vie en nourrir mon œuvre comme un cœur vivant ». Anne Hébert

 Album Anne Hébert, 
 Bernard Chassé et Nathalie Watteyne
 Fides 2016

Merci aux Éditions Fides et à Laurie-Anne Gohier pour l'envoi.