dimanche 17 juin 2018

La route sauvage, Willy Vlautin

La Route sauvage scelle la rencontre sincère et émouvante entre un gamin en cavale et un vieux cheval : Charley, quinze ans, délaissé par un père insouciant, et Lean on Pete, une bête destinée à l'abattoir. Afin d'aider l'animal à échapper au destin funeste qui l'attend, Charley vole un pick-up et une remorque, et tous deux entreprennent un voyage vers le Wyoming où vit, aux dernières nouvelles, la tante de Charley. Ce périple de près de deux mille kilomètres sur les routes de l'Ouest américain ne sera pas de tout repos, et l'adolescent vivra en un seul été plus d'aventures que bien des hommes au cours de toute une vie... 

Dès les premières lignes j’ai su que j’aurais de la difficulté à refermer les pages de ce roman. Moi les histoires qui me parlent de voyage initiatique, d’animaux, de force et désir de vivre et de détermination à se sortir d’une misère qui s’infiltre dans les pores de la peau depuis un sacré bout ben je suis preneuse. Non parce que dans mes lectures je deviens voyeuse et que je me nourris du malheur de mes personnages bien au contraire, j’aime lire sur le courage et la bonté du cœur tout simplement.
Dans La route sauvage il est question de beaucoup de courage, d’amour et de respect. Bien sûr pour atteindre tant nos émotions, nous virer le cœur à l’envers pour ce qui arrive au jeune Charley, l’auteur, en évitant un ton trop pathétique, nous dévoile petit à petit ce qui a poussé le jeune adolescent à ne compter que sur lui-même.

Et c’est une sacrée belle histoire que Vlautin nous raconte en nous invitant à suivre les pas de Charley qui, suite à un événement dramatique, décide de s'enfuir avec son copain Lean on Pete pour le sauver d’une mort certaine mais aussi pour se sauver lui-même de cette vie qui ne lui apporte que malheurs et déceptions. Il ne lui reste que peu d’espoir de connaître une vie meilleure ; celui de retrouver sa tante Margie pour que tout puisse redevenir possible.
Une ballade pas vraiment de tout repos entre Portland et le Wyoming que va se taper Charley.  Sur une route sauvage Charley va connaître la faim, le froid, la violence. Il va aussi faire de drôles et de difficiles rencontres sur ce territoire peu hostile mais l’adolescent, à force de volonté, de courage et de son désir de protéger son copain cheval,  n’abandonnera pas et va se tenir debout afin d’atteindre le but qu’il s’est donné.

C’est un excellent roman que La route sauvage. Dur, touchant, bouleversant. Au fil des pages j’ai ressenti bien des émotions passant de la peur à la colère et la tristesse. Je me suis inquiétée pour le jeune Charley pour qui j’ai éprouvé de la tendresse dès les premières lignes. J’ai été très émue par la très belle relation d’amitié entre le jeune homme et ce cheval destiné à l’abattoir.

Quel beau récit! Quel beau voyage malgré les embûches et les ennuis car il n’y a pas que des mauvaises rencontres au bout du compte, il y a aussi la sensibilité, l’amitié, des cœurs bons sans oublier les descriptions des paysages de l’Ouest américain que l’auteur nous fait découvrir sous le regard de Charley.
Une écriture belle, simple et profonde à la fois.  Une histoire à découvrir, un roman qui vaut le détour  vraiment.

La route sauvage, Willy Vlautin
Albin Michel, 2018



dimanche 10 juin 2018

Eleanor Oliphant va très bien

Eleanor Oliphant est un peu spéciale.
Dotée d’une culture générale supérieure à la moyenne, peu soucieuse des bonnes manières et du vernis social, elle dit les choses telles qu’elle les pense, sans fard, sans ambages.
Fidèle à sa devise « Mieux vaut être seule que mal accompagnée », Eleanor évite ses semblables et préfère passer ses samedis soir en compagnie d’une bouteille de vodka.
[…]  Mais tout change le jour où elle s’éprend du chanteur d’un groupe de rock à la mode.
Décidée à conquérir de l’objet de son désir, Eleanor se lance dans un véritable marathon de transformations. Sur son chemin, elle croise aussi Raymond, un collègue qui sous des airs négligés, va lui faire repousser ses limites.[…]


D’entrée de jeu je vous fais confidence que je ne m’attendais pas du tout à ce genre de roman. Honnêtement je croyais à un roman trop léger, quelque peu à l’eau de rose bref, une histoire sans trop d’attentes, Mais voilà que, dès les premières lignes, j’ai été agréablement surprise en découvrant un personnage comme je les aime: une femme marginale, différente, secrète, n’ayant pas la langue dans sa poche et bien que de temps à autre elle oublie le respect, cette Eleanor m’a bien plu.

Bon, d’après le titre; Eleanor va très bien. Oh mais au fil des pages on découvre que ce n'est pas tout à fait vrai et apparaissent alors les côtés plus sombres de la vie de ce personnage. Penchant pour la vodka, agressive lorsque l'on essaie d’entrer dans sa bulle, asociale mais en fait, l’ennui la ronge plus qu’on ne le croit car sous ses petits travers se cache une Eleanor triste, esseulée, blessée au passé plus que secret. Mais un beau jour, une rencontre fortuite va changer la routine de la dame et bouleverser son destin plus qu’elle ne s’y attendait.

Je vous l’ai écrit plus haut, j’ai vraiment aimé ce roman. L’histoire est bien écrite et est tout autant drôle qu’émouvante. Gail Honeyman nous propose le portrait d’une jeune femme qui ne l’a pas toujours eu facile en alternant des moments de tendresse et des instants plus difficiles même tragiques. Une Eleanor autant touchante qu’énervante parfois mais au bout du compte, très attachante.
Oui c’est une lecture doudou, mais cette histoire est belle et on prend plaisir à la  découvrir doucement. Un premier roman réussi, une plume que je n’hésiterai pas à lire à nouveau.

Eleanor Oliphant va très bien, Gail Honeyman
Fleuve Éditions, 2018

mardi 5 juin 2018

Vivre vite, Philippe Besson

Regardez-moi bien. Qui sait si je serai encore là demain... " Aussi célèbre soit-il, James Dean, symbole de la jeunesse éternelle, demeure toujours aussi insaisissable. Vivre vite, roman choral tout en nuances, dresse, à travers la voix de ses proches, le portrait intime d'un garçon de l'Indiana, inconsolable et myope, turbulent mais d'une beauté irrésistible, qui s'est donné à tous, sans jamais appartenir à personne : un acteur incandescent devenu, en trois films et un accident de voiture, une icône intemporelle.


L’histoire de James Dean m’a toujours fascinée. Plus particulièrement ses allures de jeune homme rebelle et marginal. Bien que j’ai lu et vu plusieurs documents relatant la vie de cet icône du cinéma américain, je n’ai pas hésité à vouloir découvrir ce que Besson a écrit autour de Dean. Une très belle surprise croyez-moi car Vivre vite n’est pas une simple biographie. En fait Philippe Besson a plutôt choisi de nous offrir un roman choral dans lequel parents, ami.e.s, professeurs et collègues de l’acteur interviennent à tour de rôle afin de nous livrer leurs témoignages. Une excellente idée qui nous chance des biographies majoritairement toutes écrites de la même façon.

Sous les mots d’Élia Kazan, Élizabeth Taylor, Adeline son professeur d’art dramatique, Marlon Brando, Nathalie Wood, Tennessee Williams, Mildred, la mère de l’acteur;  chacun/chacune  raconte la difficile enfance de James, son adolescence perturbée, ses débuts à la télévision et au cinéma, ses amitiés, le père manquant, ses amours, bref, un parcours riche, douloureux, controversé et intense à la fois.

Au fil de ces ''confidences'' Philippe Besson évite les clichés et s’attarde avec tendresse sur les côtés peu connus de l’acteur. James Dean était un être hypersensible, souvent triste et mélancolique mais avait aussi un caractère parfois difficile. Tantôt déterminé même entêté, tantôt doux mais pouvant être aussi insolent avec un petit penchant pour les beuveries, il aimait défier le danger autant dans sa vie privée avec des relations amoureuses complexes que dans son amour des bolides et de la vitesse.                                                                          

Bien que tout au long des chapitres de ce roman, les témoignages soient fictifs car tout droit sortis de l’imagination de Besson, c’est si bien écrit, simplement et avec respect, que l’on se croirait aux côtés de ces gens à écouter leurs souvenirs et à boire leurs paroles.  
Un très bon roman que celui-ci. Un ''portrait'' en partie inventé mais fort réussi sur un jeune acteur de talent. Oui c’est une interprétation toute personnelle de l’auteur envers son idole. Cependant j’avoue que c’est un peu court car j’en aurais pris encore quelques chapitres. Mais malgré ce petit bémol, Vivre vite se lit aisément et offre un agréable moment de lecture. 

Vivre vite, Philippe Besson
Éditions 10/18, 2016

Autre roman de l'auteur sur le blogue: La trahison de Thomas Spencer 

lundi 28 mai 2018

Ma PAL vient d'augmenter...

Cela fait quinze ans que Blair n’est pas retournée dans la ville de son enfance. Depuis que sa meilleure amie, Molly, a été assassinée… Mais l’état de Céleste, sa sœur, atteinte d’un cancer, ne lui laisse pas le choix.
« J’ai fait quelque chose de mal » : sur son lit de mort, celle-ci lui révèle que l’homme qui croupit en prison pour le meurtre de Molly est innocent. Pour preuve, elle était avec lui le soir du crime. Mais comment avouer à leur père, un raciste haineux, qu’elle avait une relation avec un afro-américain ?
Blair lui promet de le faire libérer et, pour cela, de trouver les preuves dont la police a besoin. Elle se lance alors dans une enquête douloureuse pour comprendre ce qui s’est vraiment passé cette nuit-là, ...
La fille dans le bois,: Patricia MacDonald
Albin Michel 2018


La Route sauvage scelle la rencontre sincère et émouvante entre un gamin en cavale et un vieux cheval : Charley, quinze ans, délaissé par un père insouciant, et Lean on Pete, une bête destinée à l'abattoir. Afin d'aider l'animal à échapper au destin funeste qui l'attend, Charley vole un pick-up et une remorque, et tous deux entreprennent un voyage vers le Wyoming où vit, aux dernières nouvelles, la tante de Charley. Ce périple de près de deux mille kilomètres sur les routes de l'Ouest américain ne sera pas de tout repos, et l'adolescent vivra en un seul été plus d'aventures que bien des hommes au cours de toute une vie..
La route sauvage, Willy Vlautin
Albin Michel 2018


Tempête de neige, fatigue, peine d'amour : pour ces cinq amies, rien ne peut faire obstacle à leurs soupers bimensuels, même si ceux-ci sont parfois aussi complexes à organiser qu'un sommet du G7. Cette suite de courts textes nous invite dans l'intimité de ces rencontres sacrées, précieux soupers qui partent souvent dans des directions imprévues. Qui mènent au coeur de conversations tantôt profondes, tantôt légères. Des rires, des larmes, des conseils, des confidences, les filles se livrent et partagent leurs angoisses et leurs moments de bonheur, sous l'oeil attentif de la plus âgée du groupe. 
Soupers de filles Pascale Wilhelmy
Libre Expression,  2018



Que feriez-vous si l'on vous apprenait qu'il ne vous reste qu'une seule année à vivre ? En principe, ce n'est pas une question qu'on se pose tous les jours. Mais si cette simple interrogation était susceptible d'améliorer votre quotidien, de vous faire revivre ? 
Lisa Walter est une journaliste de vingt-neuf ans. Ambitieuse et passionnée par son métier, elle a quitté sa famille et le ranch où elle a grandi pour emménager à New York, dans le but de se dévouer à sa carrière. 
Comment réagira-t-elle le jour où elle recevra le diagnostic d'une mort précoce ? Réévaluera-t-elle ses priorités ? 
Dernier appel avant l'embarquement, Maxime Landry
Libre Expression,  2018



Ruth est sage-femme depuis plus de vingt ans. C'est une employée modèle. Une collègue appréciée et respectée de tous. La mère dévouée d'un adolescent qu'elle élève seule. En prenant son service par une belle journée d'octobre 2015, Ruth est loin de se douter que sa vie est sur le point de basculer. Pour Turk et Brittany, un jeune couple de suprémacistes blancs, ce devait être le plus beau moment de leur vie : celui de la venue au monde de leur premier enfant. Le petit garçon qui vient de naître se porte bien. Pourtant, dans quelques jours, ses parents repartiront de la Maternité sans lui. Kennedy a renoncé à faire fortune pour défendre les plus démunis en devenant avocate de la défense publique. Le jour où elle rencontre une sage-femme noire accusée d'avoir tué le bébé d'un couple raciste, elle se dit qu'elle tient peut-être là sa première grande affaire. Mais la couleur de peau de sa cliente, une certaine Ruth Jefferson, ne la condamne-t-elle pas d'avance ? 
Mille petits riens Jodi Picoult 
Actes Sud, 2018

dimanche 27 mai 2018

Deux coups de pied de trop

Vincent Brassard vit le pire des cauchemars: il vient de tuer un homme. Mais pourquoi ce salaud s'est-il introduit chez lui, en pleine nuit, malgré une ordonnance de la cour lui interdisant de s'approcher de sa maison ? Vincent a agi en légitime défense : il devait se protéger et, surtout, protéger sa femme… Non ? 

L'enquête de l'inspecteur Héroux et de son équipe met en lumière des faits pour le moins troublants. De plus, on dirait que le nouveau capitaine de police brouille les pistes et cherche à faire dévier l'enquête. Tenterait-on de camoufler des éléments d'une grande importance ? 
Méfiant, Jean-Sébastien Héroux surveille de son mieux le nouveau patron tout en consacrant toute son énergie à dénouer l'intrigue. Cela dit, on se trompe peut-être de victime. Et de coupable.

Dès les premières lignes, nous entrons dans le vif du sujet. Vincent Brassard, par légitime défense, a tué un homme qui s’est introduit chez lui par effraction. Une affaire de routine pour l’inspecteur Jean-Sébastien Héroux mais dès les premières lueurs de l’enquête, certains détails et comportements de Brassard comme ceux de son épouse vont faire en sorte que Héroux et son équipe vont avoir bien du pain sur la planche afin de résoudre cette affaire. De plus, une succession d’événements vont venir brouiller les pistes et embêter notre enquêteur et changer la donne.

Un très bon polar que Deux coups de pied de trop. Une intrigue captivante, de beaux personnages en particulier Jean-Sébastien Héroux et sa collègue Brigitte Soucy. Puis, au fil des pages, s’ajoutent d’autres protagonistes dont un nouveau patron pour l’escouade criminelle qui mettra des bâtons dans les roues de quelques enquêtes, entre autre celle de Héroux ce qui intensifiera le suspense.

L’auteur maîtrise vraiment bien son sujet. Il m’est arrivé à quelques reprises de me lasser de polars dans lesquels l’histoire tournait autour d’un meurtre et de l’enquête qui s’en suivait et comprenait aussi trop de longueurs en me laissant comme un arrière-goût de déjà lu. Mais la lecture de Deux coups de pied de trop  m’a divertit et tenue en haleine jusqu’à la dernière ligne.

Finalement, que l’action se déroule à Trois-Rivières, ma ville d’adoption depuis un bon bout, a ajouté un plus à mon plaisir de lecture.  C’est ma première lecture d’un roman de Guillaume Morrisette et ce ne sera pas la dernière croyez-moi car je vais sans aucun doute poursuivre ma découverte de ses autres romans.

Deux coups de pied de trop, Guillaume Morrissette
Guy Saint-Jean, 2018

lundi 21 mai 2018

Un dernier baiser avant de te tuer

Estrie, 1976, un chalet au bord d'un lac. C'est le début de l'été. Claire, onze ans et demi, est heureuse d'être là, cet endroit qu'elle aime le plus au monde. Elle aime son frère, adore son père, n'aime pas particulièrement sa mère.
Mais elle s'inquiète. Ses parents ne s'entendent plus. Son père pourrait s'en aller.
Puis arrive Margaret.  Margaret va tenter de voler l'enfance de Claire et de son frère. 

Entre le bonheur idyllique qui marque les étés d'enfance et le drame qui fait prendre conscience qu'on n'est plus enfant, l'histoire d'une jeune fille sur le point de devenir elle-même.

Le résumé est invitant pour qui aime les histoires familiales sous une intrigue dotée d’un suspense psychologique. D’ordinaire, j’aime bien ce genre de lecture mais j’avoue sortir de ce roman avec le sentiment de déception que l’on rencontre malheureusement lorsqu’on se fait trop d’attentes.

Pourtant j’ai aimé dès les premières lignes le choix de la jeune Claire comme narratrice ce qui rend quand même le récit disons plus plausible sous les yeux de ce personnage principal. On y ressent plus aisément ses états, d’âme, ses émotions, ses peines, joies et son incompréhension face à certains événements et changements qui vont bouleverser sa vie et celle de son entourage immédiat.  Mais plus j’avançais dans ma lecture, moins j’y prenais plaisir. Bien sûr certaines situations quelque peu inattendues et l’entrée en scène de l’ambigu personnage de Margaret  m’ont donné l’espoir d’une suite disons plus percutante mais non, l’histoire s’est terminée comme ça…à plat.

C'est ma deuxième rencontre avec les mots de Jean-Pierre Bernié et ce n’est pas une réussite je l’admets mais je dois tout de même avouer que Un dernier baiser avant de te tuer m’a tout de même plu en partie sinon j’en aurais abandonné la lecture.   Finalement, comme tous les goûts ne se discutent pas ; à vous de voir  et bonne lecture.

Un dernier baiser avant de te tuerJean-Philippe Bernié
Libre Expression , 2018, 240 p.

Autre roman de l'auteur sur le blogue: 
Quand j'en aurai fini avec toi

dimanche 13 mai 2018

L'Allumeuse, Suzanne Myre

Voici des histoires comiques et venimeuses où se succèdent les mères égoïstes et les pères absents, les minets et les marmots, et, surtout, les pécheresses tristes et les femmes vampires qui séduisent les hommes pour les réduire en poupées de chiffon. Car les héroïnes de Suzanne Myre sont puissantes. Ce sont des battantes qui n'hésitent pas à mettre le monde à feu et à sang pour se faire justice. Pourtant, aucune d'elles n'est un démon. Elles sont même gentilles, au fond. Mais elles ne veulent plus qu'on les blesse. Il y a, au coeur de ces récits, une profondeur bouleversante. Une complexité, une introspection, une tendresse qui désemparent et qui persistent longuement après la lecture. 

J'aime lire Suzanne Myre.  De ses recueils comme Le peignoir, Mises à mort, Nouvelles d’autres-mères et de son roman Dans sa bulle, je garde de bons souvenirs de lecture. Alors lorsqu’est paru L’Allumeuse il y a peu de temps, il me tardait de pouvoir le lire. Chose faite maintenant et oui ami.e.s lecteurs/lectrices voici un autre bon moment de lecture que nous offre l’auteure croyez-moi.

Dès le départ avec L’Allumeuse, nouvelle éponyme, Suzanne Myre nous entraîne dans un quartier de Montréal-Nord où se jouent des drames dont les personnages principaux se dressent corps et âme contre l’abus sexuel, la brutalité, l’abandon, la négligence, les blessures cruelles bref, un inventaire de plaies comme si un feu brûlant avait couvé trop longtemps en leur for intérieur et que seule la vengeance pourrait éteindre.

Je ne vais pas entrer dans le détail pour chacun des douze textes peuplant ce recueil mais sachez que sous ce climat de peines et de drames, l’auteure laisse aussi place à l’ironie et l’humour ce qui adoucit certains malaises face aux sombres desseins de ces êtres malmenés.
D'une nouvelle à l’autre, l’animosité monte en crescendo et devient violence comme si celle-ci était devenue le dernier recours d’un réconfort tant recherché. Au fil de ces récits tout semble ne plus avoir de sens pour les victimes enfermées dans leur silence mais l’auteure ajoute quelques moments d’espoir avec humanité et sensibilité.

Suzanne Myre est une excellente conteuse. Dans cette douzaine de nouvelles, elle n’a aucunement hésité à créer tout un tourbillon d’émotions dans lequel on se surprend à ressentir aux côtés des protagonistes autant d’incompréhension, douleurs, colère que d’empathie.  Vraiment j’ai beaucoup aimé ce dernier recueil de l’auteure et je n’hésite aucunement à vous en conseiller la lecture.

L’Allumeuse, Suzanne Myre
Marchand de feuilles, 2018

Lu dans le cadre du défi: Mai en nouvelles sur l'initiative de Marie-Claude (Hop sous la couette) et d'Électra (Tombée du ciel)

Autres écrits de l'auteure sur le blogue: Dans sa bulle - Le peignoir - Mises à mort