mardi 18 février 2020

Le chant de l'assassin, R.J.Ellory

Résumé
1972. Condamné pour meurtre, derrière les barreaux depuis plus de vingt ans, Evan Riggs n’a jamais connu sa fille, Sarah, confiée dès sa naissance à une famille adoptive. Le jour où son compagnon de cellule, Henry Quinn, un jeune musicien, sort de prison, il lui demande de la retrouver pour lui donner une lettre. Lorsqu’Henry arrive à Calvary, au Texas, le frère de Riggs, shérif de la ville, lui affirme que la jeune femme a quitté la région depuis longtemps, et que personne ne sait ce qu’elle est devenue. Mais Henry s’entête. Il a fait une promesse, il ira jusqu’au bout. Il ignore qu’en réveillant ainsi les fantômes du passé, il va découvrir un secret que les habitants de Calvary sont prêts à tout pour ne pas voir divulguer. 


Mon avis
Si vous me suivez depuis longtemps, vous n’ignorez pas à quel point j’aime lire R.J. Ellory. J’aime son écriture et sa manière unique de nous présenter ses histoires. Donc, vous pensez bien qu’à chaque sortie d’un tout nouvel écrit de l’auteur, mes attentes sont de plus en plus élevées. Mais laissez-moi vous dire qu’avec Le chant de l'assassin, je suis au comble de la joie car l’auteur nous offre sans contredit l’un de ses plus beaux romans.

Bon je ne reviendrai pas sur le résumé que vous avez sans doute parcouru. Non, je n’espère qu’une seule chose, vous convaincre de vous procurer ce récit et d’y suivre les pas d’Henry qui va faire de cette promesse faite à Evan Riggs, une quête qui va lui apporter bien des ennuis. En fait, dès son arrivée à Calvary, il devra faire face aux silences des habitants de la ville mais surtout aux menaces du très bouillant shérif Carson Riggs. Le jeune homme va devoir prendre son courage à deux mains pour réussir à tenir la promesse faite à son ami.

C’est un sacré bon récit que nous offre Ellory et tout l’art de l’auteur transcende à chaque page. Il sait raconter une bonne histoire, il sait comment installer des atmosphères, des ambiances pour nous tenir en haleine jusqu’au bout. De plus, dans Le Chant de l’assassin, on retrouve une galerie de personnages ayant tous un rôle intéressant à jouer. Certains éclaboussés par de mauvais choix ou écrasés par de lourds secrets, d’autres ennuyés par la routine de leur vie monotone mais surtout des êtres humains avec leurs forces et leurs faiblesses. Bref, chacun des personnages a son utilité, de près ou de loin et Ellory nous les présentent en alternance, entre passé et présent, avec finesse et sensibilité.

Au fil de cette enquête d’Henry, les rebondissements, les peurs et inquiétudes, les moments sombres  tout comme les instants de tendresse ont aussi chacun leur place. Tout est bien structuré, pas de temps morts ni longueurs. L'intrigue ne cesse d’intéresser et croyez-moi, j’ai eu un réel plaisir à tourner les pages de cet excellent roman.
Finalement, Le chant de l’assassin est une histoire intense, riche, triste, sombre et touchante à la fois. Une oeuvre qu’il ne faut pas laisser passer, un moment de lecture qui va vous rester en mémoire longtemps.


Le Chant de l’assassin, R.J. Ellory 
Sonatine, 2019 

Autres romans de l'auteur sur le blogue: Les anges de New-York - Les assassins Les fantômes de Manhattan - Mauvaise étoile - Papillon de nuit - Seul le silence - Un coeur sombre

mardi 4 février 2020

Ta mort à moi, David Goudreault

Résumé
Marie-Maude Pranesh-Lopez est aux prises avec un « trou blanc » qui la pousse à toujours fuir vers l'avant, à tout essayer, ce qui se solde invariablement par une profonde indifférence. Sa mère provoque volontairement des accidents de la route, qui causent des embouteillages. Son père, fervent consommateur de psycho-pop, se livre à la méditation chromatique et adhère à tout ce qui peut favoriser sa croissance personnelle. Dans un récit déconstruit, entrecoupé de pages du journal intime de Marie-Maude, l'auteur explore le thème de la fatalité, en mettant en scène des personnages pour lesquels la rédemption n'arrive pas.

Mon avis
Dès son plus jeune âge Marie-Maude n’a pas tiré le gros lot dans sa vie. Née laide, à la voix rocailleuse et souvent inaudible, une mère intransigeante envers elle lui préférant son petit frère malade, un père insouciant, passif et peu tourné vers la famille bref, Marie-Maude, avec un tel entourage, n’a juste pas envie d’être sociable, ne s’attache à personne devenant un être difficile, imperturbable à l’image de ce que la vie lui fait vivre. Mais dans le fond, qui est vraiment cette Marie-Maude que l’on tente de deviner tout au long du roman? Comment doit-on prendre ce personnage, future écrivaine, dont le biographe nous dépeint la vie à travers un portrait tantôt impitoyable tantôt presque tendre tiré de ses souvenirs entremêlés de ceux de cette héroïne d’après le journal de celle-ci.
Chose certaine, Marie-Maude Pranesh-Lopez est un personnage à la fois fascinant et compliqué, trimballant ses secrets de femme tourmentée, asociale mais devenant, petit à petit, empathique envers les êtres marginaux qui croiseront son chemin.

J’avoue que j’ai eu de la difficulté à m’attacher à cette Marie-Maude qui, tout au long de son parcours, nous donne l’impression de carburer essentiellement à la douleur. J’ai eu de la misère à me faire à ses intolérances, son indifférence, ses relations plus que difficiles comme si elle ne voulait aucunement oublier l’avant, se refusant à s’ouvrir aux autres. Mais le désespoir de cette poétesse, son immense solitude ont fini par m’attendrir et, au bout du compte, j’aurais finalement voulu la découvrir, la connaître.

Enfin, avec Ta mort à moi David Goudreault nous offre un roman à l’histoire profonde, triste et complexe à la fois. Une histoire dans laquelle l’amour refusé par l’héroïne, ses errances, ses tourments, ses douleurs, son extrême tristesse nous rendent inconfortables mais nous pousse à la réflexion. Bref un roman déroutant, troublant et touchant raconté par la plume habile et belle d'un auteur au talent plus que certain.


 Quelques extraits qui m’ont touchée au cœur.

« Parfois, la beauté est dans le regard de celui qui ferme les yeux. »

« Il n'y a de grand que ce qui nous dépasse. »
« Combien d’enfants se sont pendus au bout des liens d’attachement qu’ils n’ont jamais eus? » 

« Sinon, c’est novembre dedans comme dehors. L’automne étend sa déprime. Même les feuilles se jettent en bas des arbres. »

 « Des légions d’imbéciles osent affirmer que le chemin est plus important que la destination. Ils ne connaissent rien des routes escarpées que les femmes de ma race doivent arpenter. […]Ce qui ne nous tue pas nous estropie, nous traumatise ou nous humilie. Le reste du temps, on aime ou on se ment.»


Ta mort à moi, David Goudreault
Stanké , 2019




mardi 14 janvier 2020

Petit coucou


Coucou me revoilou!! Du moins pour ce petit mot histoire de vous faire signe de vie. Malgré les apparences, je n'ai pas chômer côté lectures, prises de notes, citations et extraits concernant celles-ci dans le but de déposer mes billets futurs. Mais, j'ai également eu l'idée de vouloir refaire la déco du blogue!! (Déco pas encore terminée d'ailleurs!!).
De plus, j'ai fait quelques modifications sur Facebook en fermant la page Facebook de Balades et ne gardant que mon journal préférant revenir m'occuper de mon blogue ici que j'ai beaucoup trop négligé. Donc, vous vous doutez bien que j'ai encore du retard dans mes chroniques mais pour très peu de temps encore. À nouveau merci de votre patience et, si le cœur vous en dit,  n'hésitez pas à me laisser vos petits mots, je vous lirai avec plaisir.
Belle fin de journée mes ami.es.

dimanche 22 décembre 2019

Tous mes voeux...

Ami.es lecteurs/lectrices, auteurs/autrices, éditeurs/éditrices bref passionné.es des mots,  je vous souhaite un bon temps des fêtes rempli d'amour et aussi de belles lectures.

Toile: @Brenda Burke

dimanche 10 novembre 2019

Petits changements.




Bonjour, bonjour ami.es littéraires. Comme vous l'avez sûrement constaté, j’ai été moins présente depuis un bout autant ici que sur les réseaux sociaux. Cet arrêt m’a permis de prendre une décision concernant justement mes venues et activités sur la toile. De plus, comme je suis une personne ne prenant aucune décision à la ''va vite'', j’ai pris mon temps afin de peser le pour et le contre.  Oui, j’ai pris plus de temps que prévu, je l’admets mais ce temps en dehors de tout ça m'a fait grand bien et mon choix est fait et est plus clair maintenant.

Je vais être beaucoup moins active sur les réseaux sociaux et me consacrer à mon ''bébé'', ce blogue que je tiens depuis plus de dix ans. J’y ai mis bien du temps et de l’amour mais surtout, si je laissais allé ce site, mes petites balades vers vos ''chez vous'' littéraires me manqueraient trop pour laisser de côtés toutes ces belles années à lire vos mots et vos suggestions ou non concernant notre passion commune.

Finalement, ma pause ''plus longue que prévue'' me fut bénéfique car je me suis remise à l’écrit et à la correction de mes billets laissés en plan depuis un bout et je reprends vraiment plaisir à la lecture. De plus, j’ai le goût de faire des petits changements sur le blogue histoire d’alléger certaines parties et aussi faire quelques nouveaux ajouts. Je vais tenter de ne pas trop vous étourdir avec les couleurs, les images, les libellés bref mes essais de ''décoratrice'' le temps de trouver ce qui me plaira vraiment pour la nouvelle déco. 

Donc, je vous remercie de votre patience et surtout,  merci de votre fidélité.

À très vite.

jeudi 10 octobre 2019

Encore quelques jours...




Suite à mon dernier billet j'ai pris une pause dans mes avis tout simplement parce que depuis le début de la rentrée littéraire d'automne, on ne cesse de me faire parvenir des lectures très attirantes et intéressantes.  Mais ne vous en faites pas même si je semble me répéter, j'ai des billets en route que je devrais terminer d'ici quelques jours car j'ai bel et bien encore l'envie de vous partager mes découvertes même si le temps me joue des tours. 
Donc, un tout petit peu de patience et je vous reviens dans pas long. 
À bientôt. 


dimanche 8 septembre 2019

Ghetto X, Martin Michaud

Alors que Victor Lessard prend ses distances des Crimes majeurs pour éclaircir le passé de son père, un journaliste respecté et influent est assassiné par un tireur embusqué. À l'insistance de sa partenaire, Jacinthe, Victor accepte de donner ses impressions sur la scène de crime. Pris pour cible et blessé dans un attentat par les assassins du journaliste, Victor doit disparaître pour assurer sa sécurité et celle de ses proches. C'est donc en marge de leur statut de policiers que Victor et Jacinthe remontent une piste jusqu'à un obscur et dangereux groupe armé d'extrême-droite. Au péril de leur vie, ils tenteront de freiner les desseins meurtriers de ces extrémistes et ceux de l'homme mystérieux qu'ils protègent.

 Cinq ans pour enfin lire une nouvelle enquête de Lessard, c’est long pas à peu près mais vraiment, ça valait le coup d’attendre. En effet quel bon roman que nous a concocté l’auteur en y mêlant intrigue policière, sujets d’actualité comme la montée de l’extrême-droite et immigration, récit de contre-espionnage et thriller psychologique. L’ensemble s’amalgame fort bien pour nous offrir un vrai plaisir de lecture.

Tout en évitant de divulgâcher concernant la teneur de cette dernière aventure de Victor Lessard, disons simplement que, suite à une demande de son ex collègue Jacinthe Taillon afin de l’aider à résoudre le meurtre d’un journaliste, notre héros ne se fera pas tirer l’oreille trop longtemps avant d’accepter. Mais très vite cette enquête va mener nos deux partenaires sur diverses pistes dont une qui va forcer Victor Lessard à se plonger dans son passé et ressasser ses souvenirs douloureux qui le hantent depuis l’enfance. Lui qui n’a de cesse de refouler ces durs moments, cette enquête va ouvrir une plaie encore vive et Lessard va enfin accepter de se confier pour mettre un point final à ce qui le ronge depuis trop longtemps.

J’ai été ravie de retrouver Lessard, ce fin limier plein de doutes mais également très heureuse aussi de ''revoir'' à ses côtés Jacinthe la mal engueulée du service des crimes majeurs qui, sous ses airs revêches, cache une grande sensibilité et une fidélité sans bornes envers Lessard. Solides personnages que ces deux-là sans oublier pour autant ceux qui les côtoient dans cette intrigue habilement construite par un auteur au talent indéniable.

Ghetto X est un roman que j’ai eu du mal à lâcher. Bien sûr l’envie d’en savoir toujours plus est constant mais de suivre les pas de nos deux comparses sous une histoire entraînante à souhait et ce sans temps morts bien ça n’a pas d’égal.
Finalement, je m’adresse à l’auteur en osant imiter un peu Jacinthe pour une petite demande : '' Mon homme, j'espère que t'attendras pas encore de longues années avant de nous r’mettre su’a map Lessard pis moé. ''

À lire sans hésitation.

Ghetto X, Martin Michaud
Libre Expression, 2019

Autres romans de l'auteur sur le blogue: Sous la surface - Enquêtes de Victor LessardIl ne faut pas parler dans l'ascenseur La chorale du diable Je me souviens  - Violence à l'origine