lundi 1 juin 2020

Le suspect, Fiona Barton

Jusqu'où iriez-vous pour protéger votre famille ?
Quand deux jeunes filles de dix-huit ans disparaissent lors de leur année sabbatique en Thaïlande, leurs familles se retrouvent aussitôt sous les projecteurs des médias internationaux : désespérées, paniquées et exposées jusque dans leur intimité.
La journaliste Kate Waters, toujours avide d’un bon papier, se charge immédiatement de l’affaire, une occasion bienvenue pour elle de se rapprocher de son fils, parti vivre à Phuket deux ans auparavant. […]Face à la complexité de l’affaire et au manque de coopération des autorités sur place, Kate ne voit qu’une seule issue : se rendre sur les lieux afin de prendre l’enquête en mains. Mais cette fois elle est loin d’imaginer à quel point elle va être impliquée personnellement.


Après La veuve et La coupure, il me tardait de lire une autre aventure de la journaliste Kate Waters. Alors lorsque j’ai eu en main cet autre roman la mettant en vedette, je n’ai pas hésité une seconde à m’y plonger le nez.
Je ne vais pas ajouter au résumé car il en dit suffisamment. Je vais plutôt me concentrer à vous exprimer autant mon plaisir à relire Barton que ma déception face à ce dernier opus de l’auteure. En fait, mon avis est assez mitigé. J’ai aimé et pas beaucoup à la fois. Peut-être que j’en attendais trop de ce dernier roman surtout qu’avec ses deux premiers, l’auteure m’avait conquise.

J’avoue qu’après un début prometteur, l’intrigue a perdue de sa valeur. Peu de rebondissements, longueurs et répétions principalement concernant les passages où l’on retrouve les filles en Thaïlande. Leurs dialogues vraiment très enfantins et que dire de leurs disputes!! On aurait dit de jeunes adolescentes se chamaillant continuellement dans une cour d’école pour des riens. Pourtant ce qu’elles rencontraient depuis leur arrivée n’avait rien de situations faciles à gérer. Bref, ces passages m’ont ennuyée. Puis, les événements traînent en longueur. Après 200 pages, on semble rester sur place pendant un bout puis hop l’histoire reprend et on avance à petits pas. Hum agaçant à la fin!

Cependant, je ne dénigre aucunement ce roman car on y retrouve la belle écriture de l’auteure avec cette façon qu’elle a de nous offrir, en alternance, les va et vient de ses personnages. Un peu comme un roman choral; on apprend le point de vue de chaque protagoniste et j’avoue que ce n’est pas dénué d’intérêt sur plusieurs détails et cette habitude d’écrire ainsi m’a plu dès ma première découverte de ses écrits. Finalement, j’ajouterais que Le suspect ne comprend pas que des défauts. Non, ce roman se lit tout de même bien et ne serait-ce que pour le plaisir de découvrir Kate Waters sous un jour plus personnel, plus complet, la voir déployer avec détermination son courage et sa force face à l’adversité  surtout vis-à-vis ses collègues journalistes, ça vaut le coup.

Enfin, mon ressenti final face à cette lecture est que trop de faits dévoilés d’avance et certaines situations chaotiques ont nui à mon plaisir de lire ce nouveau Barton. Mais, comme j’ai beaucoup aimé ses deux premiers, je ne me laisserai pas abattre par cette déception et je serai au rendez-vous lors de la parution d’un nouvel opus de Fiona Barton.

Le suspect, Fiona Barton
Fleuve Éditions, 2020

D'autres romans de l'auteure sur le blogue: La veuve - La coupure

mardi 26 mai 2020

Le goût de l’élégance, Johanne Seymour

« Un jour, tu te lèves, et ton destin prend une tournure inattendue. Ta petite vie ordinaire est soudain plongée au cœur d'un tourbillon dont la beauté insoupçonnable et la puissance amoureuse t'étaient étrangères. Tu n'es plus seule. Ton île, que tu croyais déserte, est peuplée. » 

J'ai beaucoup aimé ce dernier roman de Johanne Seymour et j’avoue que j’en aurais pris encore sur ce goût de l’élégance qu’elle nous a déversé doucement en nous racontant l’histoire de Simone qui, rejetée par l’homme de sa vie et ses ami.es, congédiée par un patron acariâtre, ne voyant son avenir peuplé que de tristesse et de solitude bref, plus rien ne semble l'intéresser. Et Simone se retrouve prise dans le terrible engrenage du découragement au point même d’éprouver une douleur de vivre.

« Si je pouvais un seul instant voir mon existence comme un long poème célébrant la beauté, l’harmonie et la compassion, j’aurais la preuve que tout n’est pas perdu. Mais… »

Mais suite à ses errances journalières tout près d’où elle habite, notre héroïne va ouvrir la porte d’une petite librairie différente de bien d’autres où elle fera la connaissance de personnes qui vont lui tendre la main avec empathie et gentillesse. À leurs contacts, Simone va parvenir à se défaire de cette couche négative qui l’enveloppe depuis des mois. Aux côtés d’Alice, de Billy, d’Amandine, de Philippe et Guillaume, elle va connaître un nouveau souffle, une renaissance.

« Tu vois, le problème avec ceux qui sont en détresse, c’est qu’ils se sentent seuls, invisibles. Ça leur enlève toute volonté de réagir, tout espoir de s’en sortir. Ça transforme le courage en bottine de béton. Le secret… c’est qu’on n’est jamais seul. »

Et ce petit extrait nous parle autant qu’à Simone et, bien que ce roman comporte des moments de douleurs et de mal-être, l’auteure nous remet sur cette douce réalité que la beauté en toutes choses existe et existera encore grâce à l’impact de l’amitié. Et que dire de la présence de tous ces livres qui l’entourent et qui lui apportent du réconfort autant par leur contenu, leurs histoires, leur poésie et leurs mots.

« […] où suis-je?
Elle me regarde avec compassion.
- Là où le coeur guérit et où la tête se nourrit.
- Pardon?
- T’es dans une librairie, Simone. Ici, il y a tout ce qu’il faut pour soigner les maux et sustenter le cerveau. »

Quelle belle plume que celle de Johanne Seymour et je ne me lasse pas de lire ses mots. Qu’elle nous raconte la douleur, la tristesse ou encore l’espoir ou la bienveillance d’une belle rencontre, elle sait écrire la vie avec ses hauts et ses bas délicatement avec tendresse et poésie. Elle sait vraiment nous offrir de beaux plaisirs de lecture et avec Le goût de l’élégance elle ne fait pas exception à la règle. À lire sans hésitation.

Le goût de l’élégance, Johanne Seymour
Éditions Libre Expression, 2020


dimanche 3 mai 2020

Là où chantent les écrevisses, Delia Owens

Pendant des années, les rumeurs les plus folles ont couru sur « la Fille des marais » de Barkley Cove, une petite ville de Caroline du Nord. Pourtant, Kya n'est pas cette fille sauvage et analphabète que tous imaginent et craignent. A l'âge de dix ans, abandonnée par sa famille, elle doit apprendre à survivre seule dans le marais, devenu pour elle un refuge naturel et une protection. Sa rencontre avec Tate, un jeune homme doux et cultivé qui lui apprend à lire et à écrire, lui fait découvrir la science et la poésie, transforme la jeune fille à jamais. Mais Tate, appelé par ses études, l'abandonne à son tour. La solitude devient si pesante que Kya ne se méfie pas assez de celui qui va bientôt croiser son chemin et lui promettre une autre vie. Lorsque l'irréparable se produit, elle ne peut plus compter que sur elle-même... 

D’ordinaire je me méfie des romans encensés à l’extrême ayant été déçue à quelques reprises mais voilà que l’histoire de cette jeune Kya, abandonnée par les siens et devant subvenir toute seule à ses besoins m’a, à la fois étonnée et bouleversée. Je ne vous cacherai pas qu’au tout début j’avais également crainte de tomber dans une lecture trop pathétique mais au fil des pages, Là où chantent les écrevisses est devenu un très beau voyage dans une contrée sauvage aux côtés d’un personnage beau, fort, au caractère impressionnant malgré son jeune âge.

En effet Kya est d’une débrouillardise incroyable. Sans l’aide de personne ou presque, elle va apprendre à se nourrir, combattre ses peurs, la solitude, les préjugés tout ça au milieu d’un marais où la nature sauvage est omniprésente. Tout un apprentissage que va connaître la jeune héroïne qui, tout au long de l’histoire va apprendre à la dure que la vie comporte bien des difficultés, des déceptions mais aussi de très beaux côtés qui lui apprendront à s’épanouir et grandir malgré les embûches et les coups durs.

 « Parfois la nuit, elle entendait des bruits qu’elle ne connaissait pas ou était réveillée par un éclair tout proche, mais chaque fois qu’elle trébuchait, la terre la remettait sur ses pieds. Jusqu’à ce jour, sans qu’elle en prenne vraiment conscience, la douleur qu’elle avait au cœur s’écoula comme de l’eau dans le sable. Elle était toujours là, mais cachée au plus profond. Kya puisa sa main sur la terre mouillée et vivante, et le marais devint sa mère. » 

C’est une belle histoire que nous raconte Delia Owens. Outre le cheminement de Kya, l’auteure nous offre toute une ode à la nature. La richesse de la faune, sa biodiversité et ses mystères sont décrits merveilleusement par une plume belle et poétique. Tout se déroule sous nos yeux, on croirait vraiment être là, en plein milieu des marais, à sentir, les odeurs, à entendre les bruits d’une envolée de lucioles ou des pas prudents d’un grand héron bleu chassant dans le marais boueux.
Parallèlement au parcours initiatique de Kya, l’auteure n’a pas hésité à y intégrer une enquête policière suite au meurtre d’une « connaissance » de notre jeune héroïne qui sera vite suspectée.

En conclusion, je n’hésite aucunement à vous conseiller la lecture de beau récit bien que celui-ci comporte quelques faiblesses. En fait, ce ne sont que de petits bémols qui ne diminuent en rien le plaisir de découvrir une attachante Kya vivant la solitude, l’abandon, les préjugés mais surtout découvrir son courage, son désir de survivre, sa solidarité, ses passions, bref, un cheminent personnel semé de difficultés mais aussi de beautés en des lieux où règne en reine une sauvage nature. À lire.

« Un marais n'est pas un marécage. Le marais, c'est un espace de lumière, où l'herbe pousse dans l'eau, et l'eau se déverse dans le ciel. Des ruisseaux paresseux charrient le disque du soleil jusqu'à la mer, et des échassiers s'en envolent avec une grâce inattendue — comme s'ils n'étaient pas faits pour rejoindre les airs — dans le vacarme d'un millier d'oies des neiges. »


Là où chantent les écrevisses, Delia Owens 
Éditions Seuil, 2020

dimanche 8 mars 2020

Les cachettes, Guy Lalancette

La petite Claude Kérouac, onze ans, a disparu, mais il faut 48 heures à ses proches pour s'en apercevoir. Quand la police est enfin appelée, les agents découvrent une famille chaotique et désunie. Chez les Kérouac, la vérité vous file sans cesse entre les doigts. Claude, depuis le lieu où elle s'est cachée, se confie à une psychologue antipathique. Tour à tour candide et trop lucide pour son âge, parfois cruelle, elle livre sa version d'un sombre roman familial.

Au début je ne vous cacherai pas la crainte de m’être embarquée dans un roman racontant une difficile histoire d’enlèvement d’une enfant que l’on retrouvera peut-être jamais. Mais au fil des pages, les événements se sont avérés différents et je me suis laissée emportée par un récit vraiment accrocheur et bouleversant.

L’histoire nous est offerte en alternance entre l’enquête policière et la narration de Claude qui raconte à sa façon ce qui la pousse à se terrer ainsi, se cacher, disparaître comme pour mieux saisir et comprendre cette souffrance et cette solitude qui l’étreignent sans cesse malgré qu’elle soit de famille nombreuse. Si jeune et si prise par ce qu’elle découvre au fil des jours, cet amas de silences, de secrets et aussi de mensonges comme ceux de sa mère qui se cache derrière ceux-ci pour garder ces vérités qui la rongent.

« Les mensonges de maman sont des mensonges pieux. C’est elle qui le dit. Je n’ai pas trouvé l’expression dans le dictionnaire. Pendant qu’elle faisait le lavage qui n’en finissait pas, elle m’a dit qu’il s’agissait de paroles réfléchies, pleines d’une respectueuse affection, pour éviter les peines inutiles à ceux qu’elle chérit. »

Mais Claude, malgré son jeune âge n’est pas dupe et elle est très intelligente peut- être trop par moments car la jeune fille ne va pas tout à fait bien. Elle a de drôles de comportements, certains la menant à commettre des actes condamnables ce qui laisse présager qu’elle est instable psychologiquement; c’est triste et bouleversant.

Bon je pourrais en ajouter encore et encore mais je vais me contenter de vous dire que ce roman est vraiment bien construit. Que l’histoire comporte son lot de questions, d’interprétations, de suppositions face à ce qu’est et vit la jeune Claude. Face à son imaginaire et sa réalité ainsi que face à sa famille dysfonctionnelle et déroutante à souhait. De plus, je ne désire que vous laisser le plaisir d’aller à la rencontre de Claude, très beau personnage que nous offre l’auteur avec sa plume belle, humaine et pleine de sensibilité. À lire; bonne lecture.

 « J’aimerais mieux être aveugle avec une canne blanche comme Monsieur Rhéaume qui marche dans notre rue le matin et le soir. Peut-être qu’il n’est pas aveugle pour vrai et qu’il a trouvé cette idée-là pour se cacher, pour être quelqu’un d’autre. C’est une bonne place pour se cacher d’être dans le noir en plein soleil. » 

Les cachettes : Guy Lalancette
VLB, 2020



mardi 18 février 2020

Le chant de l'assassin, R.J.Ellory

Résumé
1972. Condamné pour meurtre, derrière les barreaux depuis plus de vingt ans, Evan Riggs n’a jamais connu sa fille, Sarah, confiée dès sa naissance à une famille adoptive. Le jour où son compagnon de cellule, Henry Quinn, un jeune musicien, sort de prison, il lui demande de la retrouver pour lui donner une lettre. Lorsqu’Henry arrive à Calvary, au Texas, le frère de Riggs, shérif de la ville, lui affirme que la jeune femme a quitté la région depuis longtemps, et que personne ne sait ce qu’elle est devenue. Mais Henry s’entête. Il a fait une promesse, il ira jusqu’au bout. Il ignore qu’en réveillant ainsi les fantômes du passé, il va découvrir un secret que les habitants de Calvary sont prêts à tout pour ne pas voir divulguer. 


Mon avis
Si vous me suivez depuis longtemps, vous n’ignorez pas à quel point j’aime lire R.J. Ellory. J’aime son écriture et sa manière unique de nous présenter ses histoires. Donc, vous pensez bien qu’à chaque sortie d’un tout nouvel écrit de l’auteur, mes attentes sont de plus en plus élevées. Mais laissez-moi vous dire qu’avec Le chant de l'assassin, je suis au comble de la joie car l’auteur nous offre sans contredit l’un de ses plus beaux romans.

Bon je ne reviendrai pas sur le résumé que vous avez sans doute parcouru. Non, car j’espère qu’une seule chose; vous convaincre de vous procurer ce récit et d’y suivre les pas d’Henry qui va faire de cette promesse faite à Evan Riggs, une quête qui va lui apporter bien des ennuis. En fait, dès son arrivée à Calvary, il devra faire face aux silences des habitants de la ville mais surtout aux menaces du très bouillant shérif Carson Riggs. Le jeune homme va devoir prendre son courage à deux mains pour réussir à tenir la promesse faite à son ami.

C’est un sacré bon récit que nous offre Ellory et tout l’art de l’auteur transcende à chaque page. Il sait raconter une bonne histoire, il sait comment installer des atmosphères, des ambiances pour nous tenir en haleine jusqu’au bout. De plus, dans Le Chant de l’assassin, on retrouve une galerie de personnages ayant tous un rôle intéressant à jouer. Certains éclaboussés par de mauvais choix ou écrasés par de lourds secrets, d’autres ennuyés par la routine de leur vie monotone mais surtout des êtres humains avec leurs forces et leurs faiblesses. Bref, chacun des personnages a son utilité, de près ou de loin et Ellory nous les présentent en alternance, entre passé et présent, avec finesse et sensibilité.

Au fil de cette enquête d’Henry, les rebondissements, les peurs et inquiétudes, les moments sombres  tout comme les instants de tendresse ont aussi chacun leur place. Tout est bien structuré, pas de temps morts ni longueurs. L'intrigue ne cesse d’intéresser et croyez-moi, j’ai eu un réel plaisir à tourner les pages de cet excellent roman.
Finalement, Le chant de l’assassin est une histoire intense, riche, triste, sombre et touchante à la fois. Une oeuvre qu’il ne faut pas laisser passer, un moment de lecture qui va vous rester en mémoire longtemps.


Le Chant de l’assassin, R.J. Ellory 
Sonatine, 2019 

Autres romans de l'auteur sur le blogue: Les anges de New-York - Les assassins Les fantômes de Manhattan - Mauvaise étoile - Papillon de nuit - Seul le silence - Un coeur sombre

mardi 4 février 2020

Ta mort à moi, David Goudreault

Résumé
Marie-Maude Pranesh-Lopez est aux prises avec un « trou blanc » qui la pousse à toujours fuir vers l'avant, à tout essayer, ce qui se solde invariablement par une profonde indifférence. Sa mère provoque volontairement des accidents de la route, qui causent des embouteillages. Son père, fervent consommateur de psycho-pop, se livre à la méditation chromatique et adhère à tout ce qui peut favoriser sa croissance personnelle. Dans un récit déconstruit, entrecoupé de pages du journal intime de Marie-Maude, l'auteur explore le thème de la fatalité, en mettant en scène des personnages pour lesquels la rédemption n'arrive pas.

Mon avis
Dès son plus jeune âge Marie-Maude n’a pas tiré le gros lot dans sa vie. Née laide, à la voix rocailleuse et souvent inaudible, une mère intransigeante envers elle lui préférant son petit frère malade, un père insouciant, passif et peu tourné vers la famille bref, Marie-Maude, avec un tel entourage, n’a juste pas envie d’être sociable, ne s’attache à personne devenant un être difficile, imperturbable à l’image de ce que la vie lui fait vivre. Mais dans le fond, qui est vraiment cette Marie-Maude que l’on tente de deviner tout au long du roman? Comment doit-on prendre ce personnage, future écrivaine, dont le biographe nous dépeint la vie à travers un portrait tantôt impitoyable tantôt presque tendre tiré de ses souvenirs entremêlés de ceux de cette héroïne d’après le journal de celle-ci.
Chose certaine, Marie-Maude Pranesh-Lopez est un personnage à la fois fascinant et compliqué, trimballant ses secrets de femme tourmentée, asociale mais devenant, petit à petit, empathique envers les êtres marginaux qui croiseront son chemin.

J’avoue que j’ai eu de la difficulté à m’attacher à cette Marie-Maude qui, tout au long de son parcours, nous donne l’impression de carburer essentiellement à la douleur. J’ai eu de la misère à me faire à ses intolérances, son indifférence, ses relations plus que difficiles comme si elle ne voulait aucunement oublier l’avant, se refusant à s’ouvrir aux autres. Mais le désespoir de cette poétesse, son immense solitude ont fini par m’attendrir et, au bout du compte, j’aurais finalement voulu la découvrir, la connaître.

Enfin, avec Ta mort à moi David Goudreault nous offre un roman à l’histoire profonde, triste et complexe à la fois. Une histoire dans laquelle l’amour refusé par l’héroïne, ses errances, ses tourments, ses douleurs, son extrême tristesse nous rendent inconfortables mais nous pousse à la réflexion. Bref un roman déroutant, troublant et touchant raconté par la plume habile et belle d'un auteur au talent plus que certain.


 Quelques extraits qui m’ont touchée au cœur.

« Parfois, la beauté est dans le regard de celui qui ferme les yeux. »

« Il n'y a de grand que ce qui nous dépasse. »
« Combien d’enfants se sont pendus au bout des liens d’attachement qu’ils n’ont jamais eus? » 

« Sinon, c’est novembre dedans comme dehors. L’automne étend sa déprime. Même les feuilles se jettent en bas des arbres. »

 « Des légions d’imbéciles osent affirmer que le chemin est plus important que la destination. Ils ne connaissent rien des routes escarpées que les femmes de ma race doivent arpenter. […]Ce qui ne nous tue pas nous estropie, nous traumatise ou nous humilie. Le reste du temps, on aime ou on se ment.»


Ta mort à moi, David Goudreault
Stanké , 2019




mardi 14 janvier 2020

Petit coucou


Coucou me revoilou!! Du moins pour ce petit mot histoire de vous faire signe de vie. Malgré les apparences, je n'ai pas chômé côté lectures, prises de notes, citations et extraits concernant celles-ci dans le but de déposer mes billets futurs. Mais, j'ai également eu l'idée de vouloir refaire la déco du blogue!! (Déco pas encore terminée d'ailleurs!!).
De plus, j'ai fait quelques modifications sur Facebook en fermant la page Facebook de Balades et ne gardant que mon journal préférant revenir m'occuper de mon blogue ici que j'ai beaucoup trop négligé. Donc, vous vous doutez bien que j'ai encore du retard dans mes chroniques mais pour très peu de temps encore. À nouveau merci de votre patience et, si le cœur vous en dit,  n'hésitez pas à me laisser vos petits mots, je vous lirai avec plaisir.
Belle fin de journée mes ami.es.