dimanche 10 février 2019

Dans la vallée, Hannah Kent



« Certains êtres sont différents. Ils sont nés comme ça, sur le bord du monde. Ils savent voir ce que d’autres ne voient pas. Pour eux, les rivières ne coulent pas de la même façon. »

J’aime les histoires qui, dès les premières lignes, nous invitent au dépaysement total en nous sortant de notre zone de confort. J’aime ce style de roman qui nous transporte en des lieux différents de ceux que l’on rencontre habituellement. Comme dans ce lieu que l’auteure nous fait découvrir Dans la vallée au travers les décors d’une Irlande à la terre froide et humide où rien ne pousse ou presque. Cette terre austère d’où s’élèvent des fermes où vivent de pauvres gens qui ne cessent de lutter contre la faim, la rudesse des éléments et la maladie.

Une des fermes de cette Irlande rurale du XIXe siècle abrite Nora devenue veuve depuis peu, qui doit subvenir aux besoins de son petit-fils de quatre ans Micheal. Celui-ci, pourtant né en santé, a changé au fil des mois. Il ne sait pas encore marcher ni parler mais il hurle constamment du matin au soir jusqu’à épuisement. Que lui est-il arrivé? Quel mauvais sort s’est abattu sur lui?  Pour l’aider à s’occuper de Micheal, Nora va embaucher la jeune Mary qui l’épaulera dans ses démarches afin de trouver quelqu’un qui pourra guérir son petit-fils du terrible mal dont il souffre. Toutes deux vont faire appel à Nance Roche qui a le don : celui de clairvoyance et guérisseuse. Seule Nance peut entrer en communication avec  les faieries, ces créatures surnaturelles qui hantent la forêt et qui lui permettront de ramener le véritable Micheal. Mais le nouveau curé du village et plusieurs de ses ouailles ne l’entendront pas ainsi et vont accuser Nance de tous les maux de la terre la reléguant au rang de sorcière jeteuse de malédictions.

Quelle histoire que nous offre Hannah Kent avec ce roman dans lequel l’être humain côtoie la réalité, les superstitions, les coutumes anciennes et les légendes. Un sacré tour de force de concocter tous ces éléments qui vont résulter en un livre à l'atmosphère sombre au contenu aussi dur, troublant, cruel que captivant. Des personnages différents certains attachants d’autres comme Nora et Nance entre autres. Ces deux femmes écrasées par la misère et prises dans l’engrenage des croyances et des superstitions de l’époque, vont commettre l’irréparable.

Pour son roman Hannah Kent s’est inspiré de faits réels et a fait tout un travail de recherches. D’une histoire terrible et glaçante par moments, elle a su créer un récit quand même fascinant baladant son lectorat entre folklore, réalité et êtres féeriques. Cependant, j’avoue m’être ennuyée dans trop de longueurs et des détails répétitifs. Dommage car, sans ces petites fautes, j’aurais déposé Dans la vallée sur ma pile coups de cœur.

Dans la vallée, Hannah Kent
Les Presses de La Cité, 2018

Autre roman de l'auteure sur le blog: À la grâce des hommes

Pour en savoir plus sur le fait réel d’où est tirée cette histoire c'est ICI
(En anglais seulement)

6 commentaires:

argali a dit...

Bonjour,
Via Google, j'ai accès à ton blog sans souci. Mais pas via Facebook. Pourquoi, je ne sais pas.

Suzanne a dit...

@ Argali

Je crois que c'est une erreur de Facebook. Il n'y a aucune raison pour que mon lien soit bloqué. Je leur ai écrit et j,attends que quelqu'un se manifeste du côté de Face Book. Merci de tes mots et belle journée gentille dame.

Marion a dit...

Oh, là, là. Que c'est tentant, que c'est tentant! Les quelques mots de la citation qui ouvre ton billet sont magnifiques.

Et j'avoue avoir un faible pour l'Irlande, pour de multiples raisons, parmi lesquelles le fait qu'il s'agisse du pays qui nous a donné le grand Colm Toibin dont j'aime tant l'écriture. ;-)

Et puis, la couverture du livre est sublime!

Non, vraiment, il faut que je le lise. Pas le choix! :-D

Merci pour cette belle découverte.



Suzanne a dit...

@ Marion

Bonjour gentille dame.

Une auteure à découvrir vraiment. Quelques longueurs dans celui-ci mais il est à lire jusqu'au point final.

Karine a dit...

L'idée des longueurs me fait un peu peur, mais comme le thème me tente... we'll see!

Suzanne a dit...

@ Karine.

Non non lis-le en faisant fi de ces petits bémols. N'hésite pas.