lundi 16 mars 2015

Maggie de Daniel Lessard (Trilogie)

Maggie tome 1
Résumé
Entre les protestants de Cumberland Mills et les catholiques de Saint-Benjamin, la cohabitation est pacifique en ce début de 20-ème siècle. Les deux villages jouent à s'ignorer. Jusqu'au jour où l'amour se met de la partie et donne au nouveau curé, despotique et borné, l'arme qu'il souhaitait pour asseoir son pouvoir. Il s'en empare, divisant pour régner, semant la discorde autour de lui. Une terrible tragédie s'ensuit, qui révoltera la jeune Maggie, jeune fille précoce et surdouée, contre qui le prêtre va mener une guerre acharnée.

Mon avis  (Lu il y a un bout)
Ah Maggie, Maggie, toute jeune demoiselle d’à peine 15 ans, irlandaise catholique au tempérament bouillant mais d’une force de caractère incroyable.
Cette jeune rousse à la détermination que plusieurs lui envient et jalousent, s’attirera les foudres du nouveau curé du village par ses convictions et son choix de rester amie avec certains habitants de Cumberland Mills, petit coin uniquement réservés aux anglais protestants.  Le curé Quirion, n’acceptant aucunement les protestants qu’il dit dangereux et possédés va partir en guerre contre ceux-ci, particulièrement contre Maggie Miller, cette jeune écervelée. La colère de ce curé immonde va créer des conflits entre des voisins à la religion différente qui s’entendaient pourtant bien . Et, inévitablement, ces conflits mèneront vers des drames qui diviseront et laisseront des marques ineffaçables.

Cette fiction a tout de même son caractère historique car l’auteur dresse un portrait du monde rural au Québec à l’époque de la première Grande Guerre . Natif de  Saint-Benjamin  en Beauce, tire son histoire de quelques anecdotes et faits racontés par son grand-père. Des personnages comme le curé Quirion, Benoni le maire et juge de paix et même Maggie ont été créés à  partir de ces histoires.  Mais peut importe, ce roman est très bien écrit et est agréable à lire. Respectant la langue utilisée à l’époque,  ce bon vieux joual au langage très coloré mêlé d’anglicismes, Lessard ajoute à la crédibilité de son récit.
En ces milieux ruraux québécois des expressions telles  que : un hiver frette à faire péter les glaçons, jeunesser avec un protestant, ou encore anfourager les animaux étaient monnaie courante. De plus, la sévérité et même certain despotisme de quelques curés de paroisse pour qui toutes âmes devaient se prosterner et donner uniquement foi à la religion catholique n’est pas que pure invention de l’auteure,  bien au contraire.
Enfin, Maggie est un roman que j’ai beaucoup aimé. Pour son intrigue qui m’a captivée dès les premières pages, pour ses personnages pittoresques même si certains m’ont mise en colère par leurs faits et gestes et leurs méchancetés, pour cette page d’histoire dans laquelle les protestants furent victimes de racisme, pour tout ça, j’ai refermé ce roman avec peine  mais aussi avec hâte de lire la suite dans La Revenante.

Maggie de Daniel Lessard
Ed. Pierr Tyssère, 2012

 La Revenante tome 2
Mon avis  (Lu il y a un bout)
Après avoir lu et bien aimé Maggie, j’avais hâte de savoir ce qui arriverait à cette héroïne après son départ pour Québec avec son Walter bien-aimé. Je me demandais si l’auteur réussirait une autre bonne ‘’recette’’ suite  au premier épisode. Et bien j’avoue que oui.  La Revenante passe l’examen bien qu’il y ait certaines longueurs.
Dans ce deuxième tome, vingt années sont passées et  Maggie revient à Saint-Benjamin au chevet de sa tante Mathilde très malade. Malgré le temps, bien que l’âge a fait ses ravages chez certains personnages, la haine et le désir de vengeance envers Maggie , au lieu de s’effacer, se sont  amplifiés. Donc,  Maggie n’est vraiment pas la bienvenue.  Mais ces gens qui ne désirent que le malheur de Maggie vont retrouver la fonceuse, la volontaire et indomptable femme d’il y a vingt ans et même plus encore pour notre plus grand plaisir j’avoue.

Sacrée bonne femme je vous jure. Maggie ne baisse vraiment pas les bras. Face à l’adversité, les menaces et l’intimidation, elle se relève encore et fonce. Tout un personnage qu’on ne voyait pas, du moins que très rarement  au milieu du dernier siècle dans un petit village québécois, surtout pas une femme!

Dans ce deuxième volet,  cette femme est encore plus résolue à ne pas se laisser enfermer dans le carcan très rigoureux de ce que devait être la femme sous les jougs de l’église catholique et du monde politique. Et croyez-moi maggie leur en donnera pour leur argent.
Comme écrit plus haut, La Revenante est une bonne suite et j’ai pris bien du plaisir à suivre les pas de Maggie. J’aime ce genre de personnage , original et marginal surtout à cette époque. Par contre quelques passages un peu longs concernant l’aboutissement de certaines décisions et événements ainsi qu’une fin abrupte ont nuit à ma lecture. Mais bon, je n’en ferai pas un drame car, dans l’ensemble, j’ai bien aimé.
Lessard est resté fidèle au style du premier tome autant dans le langage de l’époque que dans l’ajout de faits historiques ce qui nous permet, au travers ce roman, de parcourir une partie de l’histoire québécoise dans son monde autant rural, clérical que politique.

La Revenante : Daniel Lessard
Éditions Pierre Tissere, 2012


Le destin de Maggie tome 3
Mon avis  (Lu il y a un bout)
Dans ce dernier tome de Maggie, saga mi-fiction, mi-historique, l’auteur nous amène en 1943, dans une Beauce au début de l’industrialisation. À travers le parcours de notre héroïne, la petite histoire de Saint-Georges nous est racontée par la plume de Lessard tout autant vivante et colorée que dans ses deux premiers volets.

Bien sûr la belle Maggie, plus que jamais en avance sur son temps, s’ennuie à mourir dans ce rang de Saint-Benjamin et déménage avec sa petite famille en ‘’ville’’ où ça bouge et la vie y semble plus trépidante que dans un rang perdu du Québec.
Et Maggie en verra de l’action plus qu’elle ne l’imaginait et malheureusement quelques drames nuiront à son bonheur.
Suite à certains évènements, notre héroïne va trouver du travail dans la filature du député local et industriel Ludger Dionne, qui n’hésite pas à exploiter ses travailleuses. Elles triment dur, de longues heures, elles sont sous-payées et bossent dans des conditions dangereuses. Maggie n’apprécie guère et va lutter pour que ses collègues et elles obtiennent  meilleure justice de la part de ce patron sans scrupule.

Dans ce troisième volet, on retrouve donc Maggie encore plus rebelle et fort déterminée à ce que les droit des femmes soient enfin reconnus ce qui apporte à l’intrigue déjà passionnante, nombre de rebondissements.
Avec Le destin de Maggie, Daniel Lessard complète fort bien non seulement le portrait d’une femme forte et volontaire mais nous offre des faits très intéressants tirés de la petite histoire de Saint-Georges de Beauce.
Une trilogie bien écrite. Des personnages colorés dont la captivante Maggie, des lieux décrits avec le souci du détail, bref, le genre d’histoire dans laquelle on ne s’ennuie pas.

Le destin de Maggie de Daniel Lessard
Pierre Tyssere 2013

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