vendredi 6 février 2015

La Peste d’Albert Camus


La Peste est un roman d'Albert Camus publié en 1947. Certains personnages de la Peste sont présents dans des pages des Carnets, écrites à Alger en 1938. Mais c’est surtout à Oran, de la fin de 1940 au printemps de 1942, puis en métropole que Albert Camus élabore son roman. Une première version manuscrite, prête au début de 1943, est profondément remaniée. Publiée en juin 1947, la Peste vaudra à Camus son premier grand succès de librairie (161 000 les deux premières années, 5 millions depuis). 

Mon avis (Lu il y a un bout)
Oh là quel livre!!!  Je suis vraiment soufflée par l’imagination et l’écriture de Camus dans ce petit bouquin d’une richesse inouïe. Un livre dur qui parle de mort de la première à la dernière page mais qui parle aussi de courage, d’amitié, de volonté à vouloir surmonter les épreuves. Un livre humain dans tous les sens du mot.
Il n’est pas facile de résumer en quelques lignes la richesse de ce livre. Ce genre de roman ne se détaille pas car il y a trop de sentiments vécus provoqués par ce mal, cette peste  que quelques mots ne suffiraient pas à «rendre» vraiment toute l'intensité de cette histoire.

 Il faut absolument lire cette œuvre pour mieux saisir le fond de cette tragédie, le ressenti de chacun des personnages, le courage chez certains et la lâcheté chez d’autres. Narrée par le personnage principal, le docteur Rieux, cette histoire nous transporte dans la peur, la souffrance, la solitude face à l’incompréhension, l’ignorance, l’indifférence…
Dans des mots simples mais d’une écriture profonde et riche, une lecture incontournable. À lire et relire.


Petit  extrait
Le docteur serrait avec force la barre du lit où gémissait l'enfant. Il ne quittait pas des yeux le petit malade qui se raidit brusquement et, les dents de nouveau serrées, se creusa un peu au niveau de la taille, écartant lentement les bras et les jambes. Du petit corps, nu sous la couverture militaire, montait une odeur de laine et d'aigre sueur. L'enfant se détendit peu à peu, ramena bras et jambes vers le centre du lit et, toujours aveugle et muet, parut respirer plus vite. Rieux rencontra le regard de Tarrou qui détourna les yeux. Ils avaient déjà vu mourir des enfants puisque la terreur, depuis des mois, ne choisissait pas, mais ils n'avaient jamais encore suivi leurs souffrances minute après minute, comme ils le faisaient depuis le matin. Et, bien entendu, la douleur infligée à ces innocents n'avait jamais cessé de leur paraître ce qu'elle était en vérité, c'est-à-dire un scandale. Mais jusque-là du moins, ils se scandalisaient abstraitement, en quelque sorte, parce qu'ils n'avaient jamais regardé en face, si longuement, l'agonie d'un innocent. 

La Peste d’Albert Camus
Gallimard, 1972 

5 commentaires:

k a dit...

J'ai lu ce livre lorsque j'étais jeune adulte, il m'a beaucoup marqué, j'avais beaucoup aimé

Kidae a dit...

Euh c'était Kidae et pas k :-)

Suzanne a dit...

@ Kidae

Et sa teneur a de quoi marqué. Cette lecture est dure mais très intéressante.

Marie-Claude Rioux a dit...

Un indispensable... C'est grâce à ce roman que j'ai découvert la vraie littérature!
http://hopsouslacouette.blogspot.ca/2014/08/il-ny-pas-de-mauvaises-lectures.html

Suzanne a dit...

Découvrir la littérature par un tel bouquin wow, c'est marquant.